Râleur

Ma femme en avait marre de m'entendre râler à la maison et m'a prié d'aller chercher ailleurs un autre exutoire.

14 novembre 2009

UN DINER PRESQUE PARFAIT A CHALON SUR SAÔNE ! V

Vendredi, Philippe, directeur des ventes.

Mais quel est ce pape déguisé, avec sa tiare sur la tête et sa soutane bariolée ? Est-ce une nouvelle secte, un nouvel ordre ésotérique ? Un petit frère dissident de Raël l’illuminé qu’a vu les extraterrestres qu’ont vu la terre et veulent s’installer ? Mais qui sont donc ces hommes étranges, capés et ‘breloqués’ ?

Merde, le grand maître de la confrérie des bouteilles de vin sans bouchon de liège ! Les amis du pas de vis ! C’est un grand épicurien, en charge de la philosophie et du plaisir ! Rien que ça !

Article premier : jamais de bouchon de liège, tu ne te serviras !

J’aime bien le titre de son menu : ouverture d’esprit. C’est l’esprit qui nous dirige, enfin pas tous, Aoummm !

À ce propos, la philosophie mène à tout. J’ai adoré cette pub. Il y a de quoi réfléchir sur l’ouverture d’esprit. Allez y faire un tour. http://www.dailymotion.com/video/x37wx3_pub-pepsi-canette-moine_fun 

Étonnant non? Comme quoi ?

Bon revenons à notre dîner.

Chez lui, belle maison, coin salon avec cheminée, salle à manger ouverte sur la terrasse, piscine. Cuisine fonctionnelle, plan de travail central, beau piano, grand frigo. Visite, en sous-sol, de son temple : sa cave à vins.

Méticuleux à l’extrême, tout est écrit, détaillé, chronométré. Merde, où est le verre doseur ? Faute, faille dans le système ! Je remarque qu’un rouleau à pâtisserie remplaçait avantageusement la gouttière en plastique qu’il va chercher derrière le frigo alors qu’elle se trouvait sur la table depuis le début de la préparation.

J’ai un doute avec la lavande utilisée telle quelle. Son goût est assez agressif !

Décoration.  De la table extérieure, avec des plaques de gazon étalées sur sa table en bois exotique. Je pense qu’il faudrait éviter de trop déconner, c’est l’escalade dans l’inutile. Il parsème ce gazon, acheté dans une jardinerie, fabrication maison ; faut pas exagérer, avec des pâquerettes coupées de leur milieu naturel. Si c’est lui qui avait fait le gazon, pourquoi n’y avait-il pas aussi planté des fleurettes ? Des objets propres à chaque invité.

Table intérieure, nappe blanche, chemin de table central avec ce même gazon, des herbes aromatiques posées dessus. Set en sisal. Deux couteaux sur un porte couteau fagot de cannelle; symbole du ridicule ! Bougies inévitables.

Les invités arrivent. Evelyne, toujours un sac en bandoulière et un grand sac dalmatien avec les assiettes tachées artistiquement. Amélie, avec son beau collier préparé pour la fête des mères et sa mèche rebelle qu’elle n’arrête pas de remettre en place. Solange, majestueuse, du pas placide et cérémonial de l’escargot qui fonce vers sa salade, avec un petit cadeau. Frédéric, les bras toujours ballants, la démarche toujours féline et ses lunettes toujours sur les yeux, et un sac qui apparait, toujours aussi mystérieusement, lorsqu’il franchit le seuil de l’hôte de la soirée.

Apéritif. Clin d’œil savoyard en nuance et texture.

« C’est peu être quelque chose par rapport au reblochon, au fromage. »  Réflexion d’Amélie qui n’est pas encore sortie de sa cantine. Et clou de la soirée, un champagne sans bouchon ! Cappuccino de petits pois, écume de lait, chip de poitrine fumée et brochette de reblochon écrouté. J’écoute avec plaisir son explication symbolique sur sa préparation, les neiges, les cimes, la prairie, et j’attends avec une impatience, non dissimulée, celui qui va me faire le même exercice en tentant une explication ésotérique sur un moelleux au chocolat, en me parlant de la texture, de la couleur et du fondant. Il ne faudrait quand même pas trop déconner avec ce genre de raisonnement. La cuisine, ça reste le plaisir du partage, des yeux, de l’odeur, et du goût !

A table, à l’intérieur. Pique nique sur la table du salon.

Entrée. Rougets barbets à l’inspiration. Tarte fine de filet de rouget, tomates cerise et mozzarella.

Un autre clou. Dégustation d’un Nuits Saint Georges blanc avec bouchon de liège et l’autre avec capsule à vis. Je regrette qu’il n’apporte pas ses verres avec un plateau, pour rester dans le cérémonial. Personne ne se mouille ! Je regrette la mozzarella avec la saveur du rouget associée à la tapenade, elle n’apporte rien ! Je passe sur l’arête trouvée par Amélie, mais je suis troublé par les bougies qui sont tantôt allumées, tantôt éteintes sur le plan suivant, une nouvelle race de bougies.

Arrête, arrête, ne me touche pas….

Animation à l’extérieur. Il les surprend avec son pas de vis sur la tête, et pas de chaussettes !

Il leur révèle son grade, moment de prosélytisme torride, conversion extraordinaire, il va doubler le nombre de ses membres en intronisant quatre nouveaux postulants. Les apprentis sont couverts de la cape symbolique et doivent chanter l’hymne du pas de vis aux paroles empreintes de symbolisme et parfaitement philosophiques. « vissons voir si le vin est bon ! » Putain, j’en reste baba ! Ils partent de la capsule ! Le bouchon pète sous la pression. C’est beau, une petite larme mouille mes beaux yeux qui me viennent de mon grand père maternel qui était italien, je n’ai pas hérité de sa voix, puisque tous les italiens aiment bien chanter, mais cet amour de la musique c’est sûrement à lui que je le dois aussi. Putain, heureusement qu’il n’y a pas de grec dans la famille ! Ensuite un petit diplôme pour immortaliser cet évènement, avec un petit mot personnalisé, pour chaque impétrant. Je remarque que le grand maître est le seul à travailler du chapeau, enfin, avec un chapeau vissé sur sa tête. Tout le monde y passe, Evelyne, Solange, Frédéric, mais franchement on se demande ce qu’il a pu écrire pour Amélie ?

Plat principal. Souris et rattes piégées au parmesan façon Gusto. Ecrasé de pomme de terre aux truffes. Je remarque qu’il a enlevé sa tunique pour revêtir une autre robe, très soubrette, mais tout aussi seyante. C’est la même que cerise, mais avec des pois rouges. Pour Amélie, c’est une évocation de ‘Ratatouille’ ! Putain, je me demande si elle ne s’est pas échappée de la garderie, femme enfant, je veux bien, mais c’est fatigant ! Cherchez la femme ! Je remarque que du moment qu’il y a de la couleur, Evelyne aime. Et Amélie, le coude sur la table, avec sa fourchette ; « La petite sauce dans quoi elle avait compotée ! » de plus en plus …..distinguée ! Et Fréderic qui tient sa fourchette jusqu’à s’enfourner son index dans son gosier à chaque bouchée, et la production qui nous repasse les mêmes extraits ! Et les bougies qui sont de nouveau éteintes !

Dessert. La face cachée de la pomme. Crème glacée caramel au beurre salé, sauté de pommes flambées au calvados, cidre de glace, le tout présenté sur l’œuvre exécutée chez Evelyne.

Les notes. 24 pour Solange qui a été la plus juste. 21 pour Fréderic avec un 6 en ambiance assez discutable. L’absence de l’hôte, selon son excuse, ne tient pas la route, mais j’avoue que je n’ai toujours compris qu’est ce qu’il disait, vu que par rapport à ses phrases, il ne les finissait pas toujours. 21 également pour Evelyne. 20 pour Amélie avec un cinq en ambiance. C’est vrai que les discutions étaient trop intellectuelles pour elle.

« Comme l’ensemble des candidats ont notés, on va connaître le résultat ! » c’est la voix off, grand prêtre de la confrérie de ceux qui disent n’importe quoi !

Philippe gagne, normal, et invite tout le monde au restaurant. C’est un seigneur !

Solange termine à la dernière place. Immérité !

Posté par ritondecannes à 15:33 - Télévision - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

il y a quelques temps

Qe nous n'avions pas vu un dîner presque parfait digne de ce nom.( à part peut-être celui de Claire de Rennes )..mais je n'ai pas avalé le 5 en ambiance de la petite fille de maternelle..évidemment tout tourné autour du vin, et cela ne va pas très bien avec les fraises "tagada"et puis toujours les coudes sur la table....
C'est une des rares fois où on a, enfin, parlé,des vins indissociables des mets qu'on présente..rien que pour çà!!
Je salue Solange quand même pour son fair-play...sa place est vraiment imméritée

Posté par charlotte75, 14 novembre 2009 à 16:04

Bien entendu...

...je n'ai pas vu tout ce que Riton a vu. Il faut dire aussi que je n'ai regardé que la fin, au moment du repas proprement dit. Je n'ai donc pas assisté à la bouffonne séance d'intronisation.

Il m'a semblé que le repas était bien, le gazon sur la table, je n'aime pas non plus, mais c'était quand même mieux que la paille et les poules dans la salle à manger.

Amélie est une fausse femme enfant et une vraie bécasse. Frédéric un faux gentil, Solange, très bien, honnête dans sa notation et injustement saquée.

Posté par Julie des hauts, 14 novembre 2009 à 18:20

une nouvelle fois, l'oeil de Riton a tout vu

Toujours étonnée des rapports privilégiés lors des courses avec certains vendeurs. Tutoiement, connaissance du prénom de l'hôte, parfois on se fait la bise...si je passe à la télé, peut être que mon boucher me fera pas la gueule ce jour là !

Posté par victorine, 14 novembre 2009 à 19:19

Musique

Bonjour, je voulais savoir si une personne connaissait le titre de la chanson qu'ils ont passée lors de la découverte des résultats. Ce serait vraiment sympa. Bon après-midi.

Posté par Laura, 28 novembre 2009 à 14:04

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