Râleur

Ma femme en avait marre de m'entendre râler à la maison et m'a prié d'aller chercher ailleurs un autre exutoire.

10 novembre 2009

UN DINER PRESQUE PARFAIT A CHALON SUR SAÔNE ! I

Lundi, Solange, fonctionnaire, avec un dîner fortement bourguignon, ‘saveurs burgondes’.

Chez elle. Un escalier qui monte à l’étage, et à droite, le salon salle à manger. Belle cuisine spacieuse, en chêne, ouverte sur le jardin, avec une terrasse en bois exotique et un beau rhododendron, en premier plan.  Un ‘hélicipodrome’, encore un mot inventé à la con, à la limite, hélicidrome était bien plus mieux. En effet ‘hippos’ cheval et ‘dromos’ la course donnent un hippodrome, je me demande ce que vient faire ‘po’ dans son ‘hélicipodrome’. Enfin, je pense que je me pose trop de questions pour un gadget qui va servir à l’animation. Je trouve Solange un peu flegmatique et lente. Mimétisme ? À force de toujours parler d’escargot ?

Amis de la culture bonsoir. L’éleveur d’escargot lui montre un bourgogne  (Helix pomatia), il lui indique une période de quatre mois pour atteindre la taille adulte. Je rigole, doucement ! Le petit gris, je veux bien, mais pour celui de bourgogne, il faut au moins deux ans ! Pourquoi croyez-vous qu’il lui refile des bocaux avec les bestioles en court bouillon ? Est-ce que c’était la peine d’aller chez un éleveur ? Remarquez, heureusement qu’elle n’a pas du les attraper, sinon…..Bon, c’est comme pour le latin, je vais reprendre un peu de chocolat, on verra après pour la banane.

Je note qu’elle met du cassis dans sa sauce pour lui donner le goût du cassis. Evident, d’ailleurs, elle a cuisiné son plat, avec du lapin, pour que Jeannot ait la saveur du lapin. Imparable !putain, elle me désespère, avant qu’elle ait épluché une banane j’ai déjà fini la glace ! Et que je lis la recette et que je m’essuie la figure, et que je vérifie s’il faut bien faire cuire, et que je plie le papier sulfurisé comme si c’était une feuille d’or, et que j’essaye de faire des phrases……

Décoration de table. Nappe bordeaux, un peu petite. Assiettes vertes. Verres mal placés. Un centre de table bougies, verdure et grappes de raisin en plastique, tastevin comme assiette à pain, petite cuillère à l’envers (d’un seul côté). Décoration, en plastique, complètement inutile, des meubles du salon. C’est le carnaval !

Changée, douchée, une belle combinaison transparente, avec le soleil en contre jour, des tongs de compétition, elle attend ses invités.

Fréderic est le premier. Elégamment vêtu d’un jean bermuda très classe, d’un pull orange, chaussures de sport, démarche légèrement affectée, il s’avance nonchalamment et légèrement  tel un éphèbe qui se rend au théâtre, les mains vides. Il est déçu de ne pas voir de potager ! je pleure ! Philippe, un effort dans sa tenue vestimentaire, et un petit cadeau qu’elle pose sur la table sans l’ouvrir. Amélie avec des fleurs apparues magiquement à la place de son sac. Evelyne avec un grand sac et les mains vides.  Incroyable, elle a le bas assorti avec le haut d’Amélie, c’est la grande classe !

Apéritif. Douceurs burgundines. (Du latin burgundiones) Je signale pour Fréderic, que les burgondes étaient le peuple germanique qui s’est établi, après avoir été soumis par les francs, dans le bassin de la Saône et du Rhône. Aller chercher une traduction anglaise (the burgundians) fait un peu snobinard ! Pour Amélie, c’est cuit !

Verrine pain d’épice et foie gras, crème brûlée au fromage de chèvre, et une gougère. Pour la boisson, on n’en saura rien. Et Amélie, la gourde, qui ne savait pas que le pain d’épice est une spécialité de Dijon, oh la nulle. Elle pensait qu’à part la moutarde rien d’autre ne poussait à Dijon. Merde…

Animation. Dans la série des nullités, courses d’escargots. Ces limaces amorphes gluantes, ces colimaçons phytophages, ces gastéropodes hermaphrodites baveurs n’atteindront jamais la blanche colombe ! Bouh, bouh.

A table. Entrée. Méli-mélo d’helixium. J’avais toujours pensé qu’escargot, en latin, se disait helix. Bon, je vais pinailler un peu, amis de la culture, rebonsoir. Dans l’intitulé, ‘d’escargot’ est un génitif, la traduction, latin de cuisine, c’est le moment ou jamais, serait donc ; méli-mélo hélicis. Enfin, si on veut faire du genre, il faut aller jusqu’au bout ! Pour Amélie qui a des lettres, hélixium ressemble à élixir.

Escargots présentés de différentes manières sur une ardoise. Sauce à l’époisses, à la bourguignonne dans des ramequins un peu baveux, et à la vigneronne. Et le grand gaillard de Fréderic qui devient sentimental en mangeant ses jouets. C’est vrai que c’est horrible, on s’attache à ces petites bêtes. Il a joué au dada avec ces coursiers nerveux et maintenant, dans son assiette, on lui présente ses copains noyés dans l’ail et le persil, transpercés par une brochette. Il n’en peut plus, il essuie une larme furtive, heureusement qu’il n’y a pas la salade comme garniture…Amélie ne supporte pas ce jeu cruel, elle avait déjà tissé des relations avec son petit dada, elle a l’impression de manger un ami. Avez-vous déjà remarqué l’œil triste du gastéropode qui aperçoit avec désespoir le beurre aillé qui va servir à l’assaisonner ? Jusqu’au dernier moment il croit qu’on va lui donner à manger de la bonne herbe de Provence ou de Bourgogne, mais quand il s’aperçoit de la supercherie, il ne croit plus en rien, toutes les promesses, de ces hommes avec les quels il jouait, pourtant, s’envolent, je crois même qu’il pleure, certains disent qu’ils dégorgent, mais moi, je sais qu’ils pleurent. C’est un sentimental, ses cornes s’abaissent il rentre dans sa coquille et que même on n’arrive plus à les lui couper avec des ciseaux, pour rigoler, l’escargot n’est pas festif, merde, sentimental mais pas rigolo.

Moralité : il ne faut pas jouer avec la nourriture !

Et en plus ils font un Haka ! Pauvres limaces d’élevage !

Plat principal. Gambades parmi les baies noires et le sénevé dans le potager de Jeannot. A force de faire des intitulés à la con, on récolte la bêtise. Gambades dans la baignoire ; à retenir pour Frédéric qui pense à un canard. Pour Amélie, Jeannot est le mari de l’hôtesse, comme pour Philippe qui, je le croyais, allait relever un peu le débat avec les escargots. Le sénevé, personne n’en a, visiblement, entendu parler. Ça part fort ! Donc lapin cuisiné à la moutarde et au cassis.

Je note que Frédéric transpire beaucoup. Je remarque qu’ils aiment bien discuter sur la cuisson du lapin, et qu’ils ne sont pas connaisseurs mais critiqueurs. Le vin rouge a été servi dans le même verre que le blanc. La sauce est trop sucrée pour Frédéric, il va y avoir des représailles…demain !

Dessert. William dans le verger de dame tartine. Mousse au pain d’épice. Pain sur la table. Poire tiède, et une corniotte, chausson à la crème. Mais Amélie ne la fait pas comme ça. Elle met de la crème pâtissière avec de la pâte feuilletée. Et c’est un chocolatier pâtissier qui lui a donné la recette, que pour elle, et que l’hôtesse de ce soir ne sait pas la faire parce que c’est une plouc, na ! Et Frédéric qui nous fait encore un caca nerveux parce qu’il n’aime pas le pain d’épice. Remarquez, il transpire beaucoup, il doit moins pisser…Bouh, bouh.

Les notes. 19 pour Evelyne. 18 pour Philippe et Frédéricparrapportà. 17 pour Amélie.

Il faut reconnaitre que quatre 5 en cuisine, c’est vraiment sous noté !

Soirée de chipoteurs, pas connaisseurs !

Posté par ritondecannes à 20:17 - Télévision - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

j'ai remarqué

Que l'hôtesse était aussi lente dans la préparation de son dîner que ses gastéropodes...
.
et que les critiques qui fusaient tout au long du repas étaient les yeux dans les yeux au lieu d'être en aparté ce qui faisait que le visage de l'hotesse se défaisait au fur et à mesure !c'était pitoyable!!
et que Amélie est-elle vraiment gourguignonne? pardon Bourguignonne!!!

Posté par charlotte75, 10 novembre 2009 à 20:34

"joyeux enfants de la Bourgogne"...encore plus attentive que d'habitude, puisque UDPP se déroule dans ma région cette semaine...
Manquaient plus que les œufs en meurette (hummmmm) pour parfaire le cliché de ce menu déjà "chargé".
Amélie pinaille beaucoup (coup de soleil sur les épaules -"musclées" et tatouées- sur un bronzage agricole peu raccord avec la forme de la tenue choisie !)
bon, forcément un peu déçue, en fait , j'attends surtout de voir le diner de Philippe...

Posté par victorine, 10 novembre 2009 à 20:45

J'étais certaine que vous alliez relever le fait que les deux invitées, Amélie et Evelyne, étaient habillées dans le même tissu imprimé.. trop drôle !
Bises

Posté par Françoise, 11 novembre 2009 à 09:44

Solange ou la belle promotion de la Bourgogne

J'étais partie pour commenter la soirée de Solange et voilà que je tombe sur le passage de l'escargot trompé par ses copains de jeu humain... Résultat: je glousse à n'en plus finir, lèvres bien closes et poing sur la bouche pour ne réveiller personne... C'est trop dur, la vision de ce petit escargot trahi ne me quitte plus. J'ai lâché les vannes!
Riton, pourrais-tu intégrer la fonction recherche dans ton blog pour qu'on puisse revenir sur des passages marquants?

Quelques mots sur ma réception personnelle du dîner de Solange:
J'apprécie bien davantage l'émission quand elle présente les spécialités culinaires de la région qui reçoit. Avec Solange, je n'ai pas été déçue, tout était estampillé "Bourgogne". J'ai trouvé tout ce qu'elle a fait très bien, j'ai tout aimé en regrettant le trop-d'escargots et l'absence d'explication sur le cassis (encore un produit de Bourgogne!)
Elle a expliqué la corniotte, et bien que ce ne soit pas très beau à voir, ça me dirait de tenter l'aventure: pâte à chou pour former la forme conique sur base de pâte brisée, fourrage au fromage blanc. La pâte à chou est plus que tentante.
Côté ambiance, Solange est reposante parce que nous n'avons pas eu une prestation saoulante de "moi je", ni ostentatoire avec une cuisine flambant neuve design. Face aux critiques, Solange est restée digne et simple, j'apprécie et estime les personnes capables de ça. Riton, je te trouve un tout petit peu dur avec la lenteur de Solange, j'espère que c'est simplement un mot d'esprit relié aux gastéropodes qu'elle affectionne sous toutes leurs formes... Elle a tout de même excellemment cuisiné sans jamais rien sacrifier par manque de temps. Je crois que son apparente lenteur n'est pas inertie. Elle est posée.
Bon, mon fou rire est passé, je vais pouvoir m'endormir facilement. Merci encore!

Posté par LGTimide, 12 novembre 2009 à 00:38

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=390068&pid=15752233

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :