31 août 2009
HISTORIETTE DU LUNDI !
Histoire d’Abraham, revue et expliquée.
C’est l’histoire d’un mec très pieux. On ne sait pas s’il a existé ailleurs que dans les histoires qu’on se raconte à la veillée quand la femme elle est fatiguée et quelle a tiré une bâche pour fermer ses appartements parce qu’elle dit qu’elle veut se reposer et que la chèvre on l’a prêtée au voisin vu qu’il n’est pas marié. Donc on va dire qu’on va faire nous aussi semblant de croire que ce n’est pas une légende. Dans le bouquin fondateur des trois religions monothéistes, on dit qu’il était le descendant de Noé. C’est le seul mec réchappé du déluge, je vous raconterais son histoire une autre fois. Oui, dieu dans sa grande tolérance avait décidé d’exterminer tous les hommes de la terre parce qu’il y en avait un qui ne lui avait pas donné en sacrifice le morceau qu’il préférait. Dieu, il est comme ça, il est très gentil, mais le jour où il est bougon, il tue !
Mais revenons à Abraham. On dit qu’il est né à Ur en Chaldée. Merde tout le monde connait ce bled, on dit aussi Our, pour arranger les verbicrucistes, parce que c’est vraiment utile pour le placer. Il épouse Sarah parce que dieu lui avait dit qu’ils auraient beaucoup d’enfant, mais, catastrophe, elle est stérile. Un jour, dieu il lui dit de partir avec sa femme et ses troupeaux pour aller dans une terre qui lui était promise. Je voudrais juste ouvrir une petite parenthèse pour signaler que le brave berger avait soixante quinze ans. Merde, dieu est éternel, mais l’autre il va falloir qu’il se défonce. Bon, il arrive dans le bled, et il construit un autel à dieu. A cette époque, il n’y avait pas encore de curé, de pape et de sainte vierge, alors il n’y avait personne pour demander la construction d’une cathédrale.
Et là, il y a une famine, et tout le monde part en Egypte. Mais voila-t-y pas que le pharaon lorgne sur sa femme, beaucoup plus jeune que lui, et il l’enlève, comme dans l’histoire de P.Féval, avec J.Marais Lagardère, mais oui, la fille elle est amoureuse du bossu qui pourrait être son grand père, bon, là aussi, c’est une histoire. Alors, dieu il se fâche, et il emmerde tous les égyptiens avec des tours de passe-passe, style D.Cooperfield mais en plus dur, parce qu’on voit moins les trucages.
On a appelé ça les dix plaies d’Égypte. Les moustiques, les sauterelles, les mouches, la grêle, l’eau du Nil qui devient du sang, et puis dieu s’énerve et dans sa grande clémence il ne tue que les premiers nés des habitants. Alors le pharaon, énérvé, il leur dit de se casser ! Mais Abraham il n’a toujours pas d’enfant, alors sa femme qui en avait marre de se farcir un vieillard, elle lui dit " Va voir un peu si les nichons de ma servante sont plus beaux que mes fesses." Et il a un fils.
Putain, il n’y avait pas de facteur à cette époque, ni Alzheimer, mais il y avait des bergers et le patriarche a presque quatre vingt cinq ans et il croit toujours ce qu’on lui dit.
Il a presque cent ans et sa femme est ménopausée et toujours stérile, mais elle lui donne aussi un fils. Putain, on devient gaga à cet âge ! C’est dur de vieillir !
Il se passe plein d’autres histoires, et puis il y a celle qui l’a rendu célèbre.
C’est une lubie de dieu pour voir si sa créature est bien obéissante. Dieu s’emmerde, et un jour il se dit je vais faire une petite farce à ce vieil Abraham, il a déjà gobé tant de chose, je vais m’éclater avec cette dernière.
Bruit de tonnerre.
_C’est moi Brabra. Il s’appelait comme ça dans l’intimité.
_aujourd’hui, c’est vendredi, c’est le jour du saigneur (ancienne écriture.) c’est ma fête, je fais ce qu’il me plait. Tu vas me faire un autel et tu vas me faire un petit sacrifice. J’ai envie qu’on me fasse des prières, na ! Et si tu me sacrifiais ton fils. ?
Et l’autre, tranquillement il commence à construire un barbecue, il ramasse du bois.
_Tu le veux comment, à point ou bien cuit ?
Et dieu il regarde l’autre con qui va tuer son fils.
_Merde, mais c’est qu’il va l’éventrer, ce malade ! Des fois, dieu il parle comme moi, que des gros mots ! Alors il siffle un de ses anges pour lui dire d’aller empêcher le vieillard de commettre l’irréparable. Et dire qu’il est devenu un exemple pour les religions monothéistes.
D’autres, à travers les siècles suivants, se sont servis de cette façon d’agir : responsable mais pas coupable !
30 août 2009
LES GOÛTS !
On est déjà assez emmerdé avec les religions, mais si la cuisine commence à nous dresser des barrières, à créer de nouvelles lois, à édicter de nouveaux dogmes….
Un ayatollah du bon goût a essayé de nous convaincre avec un prosélytisme éhonté des bien-fondés de sa façon d’appréhender la cuisine et sa manière de manger.
Il ne faut bien sûr, jamais prendre mon blog au premier degré.
Comme je le disais dans les commentaires, je me méfie toujours de ceux qui veulent perpétuellement créer des palissades entre ce qu’ils considèrent comme le beau, le bon et le vrai et ce qu’ils cantonnent au mal, au mauvais et au faux. En plus, ce qui est bon pour une personne est peut-être très dangereux pour une autre.
Vous connaissez peut-être cette histoire, mais elle illustre parfaitement mes propos.
C’est l’hiver, il faut très froid, un petit oiseau attend sa mère dans le nid familial. Il croit la deviner, il se penche et tombe sur la neige. Il appelle, mais ses parents ne l’entendent pas. Il va mourir gelé. Il commence à s’engourdir lorsqu’un renard qui passe par là, s’apercevant de son état, l’attrape et le plonge dans une bouse de vache toute moelleuse. La chaleur des excréments ravigote notre petiot qui se met à chanter de joie. Il n’entend pas le chat, qui ayant vu la scène, attendait le départ du renard samaritain. Il retire délicatement le petit être crotté, de sa gangue protectrice, il le lave consciencieusement avec de la neige immaculée et lorsqu’il est bien propre et bien présentable en fait son dessert de la journée.
Moralité : ce n’est pas nécessairement celui qui vous met dans la merde qui vous veut du mal et celui qui vous en sort qui désire votre bien !
Il en est de même pour tout. Il y a des modes qui arrivent et disparaissent en voulant tout changer pour instaurer de nouvelles lois. Ce qui était proscrit est devenu la vérité du moment. Tout change, tout évolue, dans quel sens……..
29 août 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A CHAUMONT GISTOUX ! V
Vendredi, Quentin, étudiant en marketing.
Chez lui, enfin, chez ses parents, on commence par sa chambre. Mansardée. Maman a crié et il a fait son lit et la poussière. Tous les magazines, avec des brésiliennes aux seins exhibés, et autres parties dénudées, ont été soigneusement rangés en vue d’utilisations ludiques et ultérieures.
Sur son dessus de lit, tiré à la hâte, une pub pour les cigarettes des pharaons : déjà, des substances illicites ? Merde, sa chemise scoute, et en plus, c’est un chef ! Putain, plus de gros mots.
Grand salon, cheminée, salle à manger, cuisine et maman, très sage, qui n’ose pas remuer la tête, on avait vu le frère à l’étage et lui aussi refusait de bouger. Beau piano !
Les courses. Il achète des enoki, merde, je ne veux pas faire de protectionnisme, ni paraître snob, mais avec toutes les variétés de champignons, pourquoi aller chercher ce collybie à pied velouté, à la saveur douteuse et à la chair élastique, qui arrive certainement du Japon ou de Chine ?
Chez le boucher et chez le fleuriste, on se rend compte que ses parents sont d’un certain milieu, ce qui explique ses goûts déjà bien établis et un certain raffinement.
Décoration de table. Nappe blanche, set beige, assiette et couteau à pain, à gauche, c’est bien, malheureusement d’un seul côté, c’est très mal, petite cuillère mal placée, c’est dommage. Vase avec des têtes d’anémones et de renoncules vertes (les plus chères) lestées et immergées. Bougies. Merde, pardon, mince, il y a du pain sur la table ! C’était rare cette semaine. Pas d’assiette de présentation. Les trois verres sont bien placés.
Il faut reconnaître qu’il cuisine avec une certaine dextérité.
Les invités arrivent. Emmanuella avec un cadeau surprise et les bras nus. Carlos, un cadeau et un pot de moutarde. Alain cadeau et une boîte de choucroute. Carine, tenue de soirée avec un cadeau ; une baguette…. de pain ! Les femmes auraient pu se fendre d’un présent personnel. Apéritif. El Dorado, une bouteille de crémant rosé aque des paillettes d’or, au nom personnalisé pour l’émission. Mises en bouches presque parfaites. De très belles préparations ;
Gamba individuelle flambée, espuma de tomate. C’est la fête !
Tout le monde dehors pour sabrer la bière. Chacun y va de ses mimiques. Carlos façon coureur automobile qui asperge les invités, Alain, style folies bergères, Carine discrète comme chez Dumas, Mireille, faut pas déconner. La psychiatre se retrouve quelques années en arrière, du temps où c’était le temps que les soirées étudiantes se commençaient dans la boisson et se terminaient dans de drôles de draps !
Entrée : Tartare des Fjords accompagné de ses fumerolles de la mer. Il faut allumer une mèche, la recouvrir d’un verre et l’appliquer sur la tranche de saumon, pour le fumer minute : bonne idée marante ! Belle assiette rectangulaire grise.
Enfin on voit, derrière lui la composition prise chez la fleuriste ; sur le buffet, dommage. Contenant étroit en métal brossé. Composition verticale, branches de coton (gossipium) amaryllis, renoncules pauline et friandine. Alain a toujours les coudes sur la table.
Plat : Reine des mares (canard) aux aromates du Nouveau-Monde. Sauce au cacao amer, purée de patate douce, purée de panais. Les invités mangent très mal !
Quentin amène un hot dog à Alain ! it’s a joke. Humour !
« Il y en a qui mange ça ! » Alain toujours élitiste.
J’ai remarqué que les assiettes étaient chaudes ! Il faut le signaler, c’est rare !
Animation. Il a confectionné un petit jeu calqué sur celui de l’oie. Il faut répondre à des questions sur la gastronomie. Originalité et créativité ! L’émission a décidé de le passer sous silence. Ce n’est pas notre problème, on n’en saura rien !
Dessert : Bûcher Normand et son accompagnement.
Des orangettes maison. Préparation des crêpes Suzette sur le guéridon de service.
Sabotage en direct de ce moment de cinéma culinaire qui représente plus de 80% de la préparation. Merde ça c’est de l’antijeu caractérisé ! Alain sort de sa manche, des enveloppes pour chaque candidat.
Moment d’égoïsme total, il détourne l’attention du maître de maison pour s’accaparer l’attention des invités. Moment mal choisi pour Quentin, mais tactiquement bien pour le gourou.
Un petit compliment personnalisé qui va faire changer l’attention de cible. Tout le monde y va de sa petite larme. C’est bien joué, le même message à un autre moment, ou en particulier pour chacun, n’aurait pas eu l’effet escompté. Messieurs dames je répète, c’est un sabotage caractérisé !
Flagorneries dignes des plus grands léchages médiatiques. Compliments de circonstances adressés à chaque convive pour louer des qualités de convenances qui ne peuvent tromper que des âmes toutes prêtes à s’enflammer devant de tels compliments lyriques touchant leur ego sensibilisé!
Et l’autre pauvre hôte qui passe pour un con en train de se décarcasser à sa préparation de ce dessert ‘cinématographique’ complètement mis sous l’éteignoir par un pur lynchage prémédité !
Belle assiette avec les crêpes et une crème brûlée.
Adieu au décorum !
Les notes. 21 pour Carlos et Alain. 23 pour Emmanuella avec 10 en cuisine. 24 pour Carine.
C’est Carlos qui gagne à la photo finish. « Putain de bordel de merde. » sic !
A mon avis l’intervention indélicate d’Alain, qui occulte le flambage des Suzette, donne la première place à Carlos. Le dîner le plus chiadé et le plus abouti, était, je pense celui du jeunot qui méritait de gagner ! Les cuisses de la carioca ont fait la différence !
28 août 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A CHAUMONT GISTOUX ! IV
Jeudi, Carlos, d’origine brésilienne, architecte pour une grande société pharmaceutique. C’est lui qui imagine les configurations ou les emballages de la présentation de certains médicaments. Pour les suppositoires, par exemple, il faut longtemps travailler pour donner une forme particulière à ce médicament qui doit être avalé par un orifice autre que la bouche. La forme oblongue, de ce remède a longtemps été étudiée en soufflerie pour optimiser sa montée en puissance et éviter aussi tout rejet intempestif qui apporterait des désagréments non souhaités avec des conséquences assez gênantes pour l’utilisateur assez distrait, ou non informé, qui pourrait penser que son coté effilé doit pénétrer en premier dans l’accès, en principe prévu à cet effet. En procédant de cette sorte, on se priverait d’un effet de freinage pour une marche arrière rétroactive éventuelle de rejet, de telle sorte que son expulsion en serait rendue beaucoup plus fluide et accélérée, ce qui n’est absolument pas le but recherché. Certains savants se sont penchés sur cet épineux problème. Des thèses ont été publiées. Il en ressort que tous les culs du monde ont la même forme et que nous devons nous introduire les suppositoires par le bout carré. D’où le rôle d’un architecte en pharmacie qui a du passer de longues années pour arriver à la conclusion surprenante qu’il valait mieux prendre des cachets par la bonne vieille méthode orale, ce qui préservait l’intégrité olfactive des doigts de la main !
Chez lui. Carlos est un petit déconneur. Peignoir de bain, tasse de café à la main, faussement décontracté. Appartement sous les toits. Une grande pièce à compartiments. Il touche la guitare, mais il ne nous a pas encore parlé de foot ! Il se la joue petit feignant.
Déco de table. Nappe bleue. Une maquette censée représenter Rio, avec la plage ; un peu volumineuse. Très peu de place pour les invités. Des chaises longues, des cabines.
Les invités arrivent. Emmanuelle qui voudrait, qui sait, être son Emanuelle, sans la chaise, avec un petit cadeau, accueillie avec un verre de guarana. Carine avec son bandeau et un cadeau. Alain avec une bouteille, bio ? Quentin avec un chapeau de supporter, bouteilles incorporées. Apéro : Caipirinha Tutti Frutti à la demande, chacun choisissant les fruits à y incorporer. Sucre, le mot infernal est prononcé et Alain est mal, il demande à en être exempté. On frise quand même la connerie. Ensuite, petites coques croustillantes au cœur moelleux accompagnées de leurs diverses saveurs. Les remarques de Quentin sont toujours aussi puériles et le Alainfriquébiorococco légèrement saoulant. Carlos assassine une bossa en touchant la guitare de décoration, et à table. Chapeau de paille et lunettes de soleil géantes, pour tout le monde. « La soirée risque d’être animée ! » je signale qu’il vaudrait mieux dire qu’elle a des chances d’être animée, surtout pour les convives, et je remarque l’abus récurrent de cette phrase, pour la voix off.
Entrée : Moqueca de l’Atlantique, méli-mélo de légumes nappée à la noix coco. Quentin trouve cette entrée trop simple ! Critique bateau !
Animation carnaval. Tout le monde se lève pour se déguiser. Masque, collier, serpentins et confetti. Musique, et en star invitée, une danseuse carioca, plumes du Brésil, bijoux et décorations carnavalesques, légèrement vêtue. Quentin va nous faire des cartes de Belgique. Alain ne pense plus à l’écologie, Carine va revoir son moi caché et Emmanuela fantasme sur les excès de l’apéritif.
Plat principal : Histoire de la Feijoada issue des cuisines de la Senzala. (Putain, c’est du brésilien, encore une fois, on prononce ‘jo’, et Quentin me désespère avec sa méconnaissance de tout. Belle assiette. Quel homme, ce Quentin, il mange un piment. Il va falloir rappeler la danseuse, il va nous faire une crise aiguë de priapisme.
Dessert : Duo exotique parfumé au maracuja et à l’abacate. (Maracaña est un stade de foot, pour Alain, qui tombe en ruine (les deux) !) Alain trouve qu’on est dans l’exotisme à fond ! Putain, il a la mémoire courte, son repas d’hier était en effet….. Très local ! D’un autre, côté je suis assez désappointé de voir que personne ne connait le maracuja ! J’aime bien l’humour pince sans rire de l’hôte qui indique à Alain qu’il y a des graines sur la mousse sucrée, il aura ainsi quelque chose à manger. Il précise que dans ses préparations il y a tout ce qu’Alain n’aime pas, mais il sait que les autres apprécieront. Enfin quelqu’un qui se fout des manies pénalisantes de certains pour le goût des autres. Je note qu’Alain ne veut pas faire de compromis à sa façon de concevoir la nourriture, cela frise le fanatisme borné. Il sourit quand même. Est-ce de sa connerie ? Il ne peut pas faire marche arrière sans se déconsidérer aux yeux des siens. Et tout se termine avec la guitare.
Les notes. 25 pour Emmanuela conquise. 24 pour Carine. 22 pour Alain avec un 9 en ambiance. Il déclare qu’il était prêt à mettre un 10, si Carlos avait été à la place de la danseuse. Un coming’out ? 21 pour Quentin qui est assez pinailleur. Ses hormones thyroïdiennes émoustillées par tant de visions et de substances aphrodisiaques ont sans doute provoquées de curieuses sensations sur les parties juvéniles de son système physico-endocrinien, pas encore habitué à pouvoir épancher son trop plein dans certains réceptacles prévus à cet effet. Il lui faudra acheter des produits pharmaceutiques pour soulager ses pommes de mains endommagées par certaines ampoules non fortuites.
27 août 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A CHAUMONT GISTOUX ! III
Mercredi, Alain. Avant, il travaillait dans la restauration, aujourd’hui il est employé dans une société de maintenance de matériel audiovisuel. C’est également un adepte de l’alimentation vive. Plus qu’un simple régime, c’est un véritable mode de vie ! Manger vivant, être le plus proche possible de la nature. Ne pas dégrader les aliments par des cuissons ou d’autres procédés.
Si je comprends bien, comme le font les animaux ! Normalement cela devrait exclure toutes les façons de cultiver certains légumes en ne laissant la place qu’à des produits endémiques !
J’ai admiré, dans les épisodes précédents, sa profonde tolérance à l’égard des gens qui ne sont pas dans sa ‘religion’. J’ai donc compris qu’il était venu dans cette émission pour faire du prosélytisme ! C’est un missionnaire qui va essayer de convaincre, via la télé, des adeptes pour cette façon d’appréhender cette nouvelle façon de se nourrir.
Cuisine grande et fonctionnelle, la gazinière ne sert plus à rien. Grand salon, les incontournables orchidées en attente de floraison sur le rebord de la baie vitrée, il nous parle de zenitude et vie bio. Je remarque quand même qu’il utilise, pour aller faire ses courses, une voiture qui n’entre plus dans la conception de l’écologie prônée par les nouveaux adeptes de ce renoncement aux machines polluantes. Lorsqu’on parle de changement de mode de vie il faut aller au bout de ses idées. Dans sa voiture il nous dit aller chez Philippe qui a un magasin bio très bien achalandé.
Je ne voudrais pas déranger mes amis de la culture, bonsoir, mais je signale que le chaland est le client. Donc bien achalandé en parlant d’une boutique de veut pas dire qu’il y a beaucoup de marchandises mais uniquement beaucoup de clients. Quand je le vois prendre des ananas et les ranger dans le coffre de sa voiture, je souris doucement. Ce sont des fruits locaux, bien sûr ! Ils ont du venir très facilement en Belgique pour respecter, encore une fois, ses grands préceptes sur la nourriture naturelle !
De retour chez lui, on l’aperçoit subrepticement monter au premier étage avec un téléphone portable, non polluant et toujours conforme avec ses grandes idées déployées sur la consommation contrôlée. Plus je l’écoute, plus j’ai l’impression que sa notion du bio se rapproche d’un élitisme bâti sur le fric. Il faut avoir les moyens de se payer du bio ! Ses réflexions des autres soirs accentuent le malaise qui me gagne. Quand il prépare son potager de décoration, il insiste encore sur l’alimentation qui doit être basée sur des légumes ou des fruits de saison ! Comme l’ananas, par exemple, ou comme les poires bios qui viennent d’Argentine !
Déco de table. Je note la présence de primevères à la gauche de chaque convive. Je signale que primevère veut dire printemps, c’est une plante qui fleurit donc de février à mai. Beaucoup de ces charmantes primulacées proviennent de hollande où elles sont forcées à grands renfort d’engrais, et de lumière artificielle, pour pouvoir être déjà vendues vers le mois de novembre ; amis des cultures biologiques et chronobiologie, bonsoir ! Nappe blanche, chemin de table vert pâle, une petite coupure pour déguster une tisane ‘fraîcheur zen’. Il commence à en faire un peu trop. Son prosélytisme devient une tentative d’endoctrinement et je déteste ce genre de chose. Une composition ‘nature’ avec des légumes plantés, la terre recouverte de mousse, en centre de table. Verres mal placés. Pas de couverts à poisson !
On apprend que la prune de mébosi est une prune japonaise colorée avec du miso, sorte de pâte fermentée qui constitue une alternative au sel de table, à la moutarde, au jus de viande, au concentré de tomate et aux fromages à pâte molle. Je remarque aussi qu’il emploie de l’huile de kalamata, ville grecque renommée pour ses olives. Encore une fois, ce genre de bio poussé à l’extrême ne peut s’adresser qu’à une partie assez sélective de la population. Il pouvait quand même utiliser un mortier et un pilon, au lieu d’écraser électriquement les avocats et les huitres, je déconne… ,non, pas trop ! Je signale aussi une petite tendance au snobisme ; une épigramme, en cuisine, est un petit morceau de viande coupé en tranches fines, nous sommes loin de la cuisine populaire et de la volaille ! Pendant qu’il prépare ses plats, il nous fait un cours magistral sur sa philosophie de vie ! Je ne peux pas m’empêcher de signaler que les noix de macadamia viennent d’Australie. Putain que des produits locaux ! Cinéma, cinéma !
Les invités arrivent. Carine chapeautée, avec un cadeau. Emmanuelle avec un présent, Carlos également. Quentin en dernier.
Pour l’apéritif, coupe de champagne, carpaccio de Saint-Jacques et son coulis de Mébosi, sushis végétariens, olives de Kalamata. Encore des petits conseils de diététique. Faut pas gâcher !
Je note que l’olive de Kalamata est la Rolls Royce des olives, j’apprécie la comparaison…avec une voiture !
Animation. Endoctrinement, deuxième phase ; la pratique. Comment faire de la moutarde. Il faut se lever de bon matin et aller à Dijon. Non, Il faut prendre du curcuma (originaire du sud de l’Asie) putain, c’est une cuisine asiatique ! Tout à fait régionale ! Une nouvelle racine qui pousse au japon et une plante qui vient d’Inde. Enfin, il utilise quand même un appareil électrique, sans doute fabriqué …en Chine ! On dirait, de plus en plus, un grand maitre d’une nouvelle cuisine zen et bio orientale en train de nous expliquer, à grand renfort de pub, que tout ce qui vient d’ailleurs est nettement meilleur ! Et ça commence à me gonfler. Je m’attends à ce qu’il sorte un manuel pour adresser quelques prières à une divinité du bien ‘manger naturel !’
Toujours avec son tablier, seyant, certes, mais un peu léger pour la circonstance, quoique, cette soutane ‘new look’ va très bien à ce ‘marabout new âge’ !
Entrée. Filet de morue et son émulsion judiciaire. Le vin blanc n’est pas servi dans son verre.
Et Quentin qui veut faire son intéressant cultivé, maître ‘s’ cuisine en signalant que ce n’est pas de la morue mais du cabillaud ; quelquefois il vaut mieux la fermer ! jusqu’à présent il ne s’est pas trop cassé.
Belle présentation du plat principal. Filet d’agneau basse température, épigramme de légumes de saison et sa mousse de rave. Ensuite dégustation de l’eau récupérée pendant la cuisson des légumes. Un liquide bizarre proche de l’oxydation, un peu boueux ; c’est la communion sous la forme liquide ! Une autre tentative de conversion. Demain, il servira son urine filtrée, c’est très bon pour les os ! Je retiens le déconnage de Carlos qui trouve cette mixture trop naturelle pour son corps qui ne peut pas la supporter.
Je remarque la même tenue de l’hôte, les coudes sur la table, les doigts croisés !
Emmanuelle veut ressortir son appareil à vapeur, et il trouve cela génial, parce qu’elle aurait à gagner à retourner sur la bonne voix. Putain, une conversion ! Cependant je me pose des questions sur la signification de ‘beaucoup à gagner’ !
Dessert. Dôme d’ananas, jus d’agrumes, parfumé aux zestes de bergamote, qui est aussi un agrume. Serait-ce un pléonasme ? En tous les cas, cela doit être très acide.
Mens gaga in corpore sano!
Les notes. Carlos, Emmanuella et Quentin, donnent 19 et Carine 17. Je remarque simplement que l’hôte de la soirée est un peu prétentieux en pensant que Calos va lui donner uniquement une note basse en cuisine pour préserver ses propres chances !
26 août 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A CHAUMONT GISTOUX ! II
Mardi, Carine psychiatre,
Bien sûr que nous sommes en hiver. C’est une rediffusion belge. Donc, couronne de bienvenue sur la porte. Chez elle. Tout à fait baba cool. Retour à la terre prôné après la grande révolution de soixante huit. Ils sont partis dans le Larzac faire du fromage de chèvre et les générations suivantes, hippiebobocoolécolo, fleurs dans les cheveux et on récupère tout, sont devenues les précurseurs de la non-consommation à outrance, je fais tout moi-même. Grande pièce salon salle à manger, un peu sombre. Fauteuils et canapés recouverts de tissus pour masquer leur âge. Grande cuisine fonctionnelle. Jardin en friche, boueux. Quelques légumes endémiques réussissent à se frayer un passage vers la lumière salvatrice et s’échappent de cette gangue fangeuse qui tente de les digérer. Je commence à comprendre le sens de légumes oubliés et je me demande depuis combien de temps ils végètent dans cette bouillasse.
Les courses avec un nouveau bandeau sur la tête et un sac en bandoulière.
Déco de table. Nappe moirée, assiette de présentation rouge, les prénoms inscrits sur de l’écorce, des pots de confitures pour chacun. Serviettes violettes. Des coloquintes, des pommes séchées.
Elle aurait du garder son chapeau noir, avec sa robe sombre, la pièce mal éclairée, ça fait tout à fait sorcière ou alchimiste. Les invités arrivent. Emmanuella avec un cadeau. Verre d’eau, traditionnel belge de bienvenue. Alain avec un cyclamen, Carlos avec un petit sac. Et la voix off qui nous parle du serment d’Hippocrate de Cos, le père de la médecine, assimilé à tort au créateur de la boisson médiévale ‘hypocras’. Une bise à Carine, deux à Alain et trois pour Emmanuella. Quentin et sa capuche avec une bouteille.
Apéritif. Quand mes tomates s’habillent pour l’hiver et leur rosée d’un extrême jus de groseille.
Des pâtés de chevreuil et une déclinaison de confitures de tomates. L’intitulé fait un peu précieux. Elle a pioché dans ses réserves. Un panier rempli de ses conserves maisons, posé sur une table basse encombrée de bougies, et la boisson légèrement alcoolisée, qui manquait d’alcool, comme le signalent Manu et Quentin. Si les poivrons pétillent dans leur bouche, cela veut dire, tout simplement, qu’ils ont tournés. S’il y a du vinaigre en plus dedans, putain ! Les toilettes, qui abritent la petite conversation confession habituelle, vont, cette fois remplir pleinement leur rôle et devenir un endroit judicieusement choisi !
Animation têtes coiffées d’un chapeau. On se demande toujours pourquoi, comme la semaine dernière à Flemalle ? C’est vrai qu’avec un galurin, le ridicule passe mieux.
Ce soir Manu aime bien Quentin, qui est jeune et frais. Un rien l’amuse.
A table. Quoi, il y a une toile d’araignée sur le bout d’écorce de Quentin ? Que le responsable soit viré ! Est-ce un crime de lèse bobo ?
Entrée. Marchons vers Compostelle sur un lit douillé de topinambours.
Bon, ce ne sont que des saints jacques sur de la purée ; dixit Quentinjesuissnob !
Plat principal. Une volaille fermière nommée hypocras picore parmi les légumes oubliés.
Elle pose l’assiette de sa préparation sans avoir enlevé celle de dessous, dommage !
Alain dévisage son assiette. Quelque chose le tracasse. Elle a l’air sympathique cette pintade, mais il a entendu qu’elle était accompagnée de patate douce, donc, la sauce doit être sucrée, pense t-il dans sa tête chercheuse, le sucre est proscrit dans son régime hypocalorique. Il me fait de plus en plus penser à l’ecclésiastique invité à toutes les tables bourges de certains siècles où le curé partageait la table de gourmands notoires qui étaient ainsi plus près de dieu pour se faire pardonner illico leur atteinte aux péchés capitaux. Il chipote ; sucré, trop cuit, pas assez, il ne connait pas. Et cette façon de parler, presque hautaine, il sermonne. Il ajoute même que la volaille est un peu le plat du pauvre. Réflexion limite désobligeante. Serait-il snobinard lui aussi ?
Je remarque que les invités ne savent pas se servir de leurs couverts. Il y a encore des couverts à poisson sur la table.
Dessert. Verrines de nos vergers et biscuits ‘duchesses’. Carlos a toujours ses couverts à poisson et la cuillère du plat principal. Alain me gonfle de plus en plus. Son regard mi dégouté, mi énervé à la vue de chaque nouveau plat, commence à m’irriter. Ses yeux sont des pèse-sirops. Instantanément ils transmettent à son cerveau les informations sur la teneur en sucre des plats qui circulent sur la table. L’information est décryptée et les renseignements de leur nocivité enregistrés, les mains se joignent, les sourcils se dressent, ses yeux se lèvent au ciel comme pour demander une aide invisible, il regarde et se tâte puis, dédaigne le plat et le repoussant légèrement d’un air agacé, et reprend sa position de bedeau, les mains accolées !
Et Emmanuella qui lui emboite le pas ! Putain, il y a du cacao dans la verrine. On aurait mis de la merde que ce n’était pas pire. C’est horrible, le cacao s’est collé à son palais. Elle manque de mot pour décrire cette situation inconfortable. Nous avons droit à des mimiques et des essais de borborygmes pour tenter de nous faire comprendre tous les atroces mouvements qu’elle a du entreprendre pour se débarrasser de ce morceau de chocolat envahisseur qui tentait de squatter ses gencives et sa bouche délicate. Il est évident qu’à force de faire ce cinéma elle n’a pas pu discerner les saveurs des pommes et des poires qu’elle voulait retrouver dans ce dessert.
Elle nous décrit cette déception avec une voix proche du sanglot. C’est terrible ! Alors elle décortique son dessert consciencieusement pour en extraire les parties non désirables. Carlos n’en demandait pas plus, et après avoir terminé les restes du dessert de Manulachipoteuse, il s’attaque à celui d’Alain, qui, les coudes sur la table, le regarde sans comprendre. Quentin, se sentant délaissé se rappelle à l’attention de tous en lui mettant sa part dans son assiette. C’est la conspiration des malappris !
Les notes. 20 pour Alain qui est juste, et Quentin, très discret. 19 pour Emmanuela.18 pour Carlos, son 5 en ambiance est un peu injuste.
25 août 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A CHAUMONT GISTOUX ! I
Lundi. Emmanuella, secrétaire de direction.
Trois tableaux sur la corrida et elle appelle ça une déco hispanique. Un salon salle à manger assez sobre ; canapés, télé écran plat. Chambre de sa fille, dont on se fout complètement, même de la cabane rose, et des poupées dont je tairais le nom, mais qui sont les idoles de toutes les liftées de la terre. La cuisine américaine dans les bleus, séparée du reste de la pièce par un bar moderne qui cache l’évier, grand four et grand frigo. Photos d’enfants mais pas du mari.
En voiture, pour les courses, avec une italienne sponsorisée par madame de, la tsarine française.
On n’oublie pas de faire un détour chez la maman ; l’amour de sa vie. Putain, encore une qui n’a pas coupé le cordon. C’est le mari qui va être content. Entre sa mère qui est tout, et sa fille qui est le reste je me demande qu’elle est la place du mari ? Je note quand même une petite statue de Gainsbourg dans un coin.
Déco de table. Nappe blanche, chemin de table gris. Allo maman c’est comment les couverts ?
Des artichauts ? Une composition travaillée en centre de table avec des cannas ou callas ou arums ou zantedeschias, des fettuccini, des renoncules, des roses acqua. Des branches d’olivier, des bougies. La cuillère est mal placée.
Les invités arrivent. Carlos avec une bouteille. Il parle espagnol !
« C’est pas courant de rencontrer des gens qui le parlent. » Merde, elle habite où Emmanuellaavecdeuxmetdeuxl ? Alors, comme il est né au brésil, il doit bien danser la samba, s’il était noir, il jouerait au foot ! C’est simple la vie. Putain, l’espagnole est au paradis, sa température monte, ses mains sont moites, sa nuque est humide, de la rosée se dépose sur ses lunettes, elle ne se rappelle plus où elle est née, de sa zarzuela elle s’en tape, elle ne regarde plus que Carlos, elle n’entend plus que le brésilien qui la charme. Putain, s’il savait que son mari est sicilien, il ferait un moins le gandin.
Merde, on sonne, Quentin les dérange, avec un cadeau. Il n’y a pas de date de prescription pour ce jeu ? (il venait d’avoir dix huit ans en fond sonore en rajoute une couche.) « C’est une personne qui a des origines du sud et qui est vraiment chaude. » Je croyais qu’il allait rajouter qu’elle était bonne. Il a l’air complètement stressé et trouve péniblement ses mots. Mais il avait deviné que l’hôtesse était espagnole. Un bon point !
Serre tête des années baba cool, sac en bandoulière assorti, écharpe ; je suis allée en Amérique du sud, Carine avec un cadeau. Alain, avec une bouteille.
Trois mots sur une ardoise pour se décrire : animation d’entrée. Con, menteur faux-cul, pensez-vous qu’il y en ait un pour se décrire ainsi ? Mais non, il n’y a que des gastronomes, des philanthropes et des gentlemen. Elle en profite pour finaliser son apéritif. Départ de Séville et ses tapas. Immense assiette rectangulaire sur la quelle se perdent une bruscetta, une noix de saint jacques au chorizo et un petit plat avec deux crevettes anis et ail, le tout arrosé par une sangria.
Ah que Quentin il avait aussi deviné que Séville était en Espagne. Un autre bon point !
Carine pensait que cela pouvait être du cava, un vin mousseux. Ils n’ont pas les mêmes valeurs.
On lit les réponses sur les ardoises et on apprend que Carine ne veut pas ressembler aux autres. Qu’elle se rassure, elle a réussi ! Elle aime bien voir des choses qui n’existent pas ailleurs, on va apprendre aussi qu’elle est psychiatre ! Maman ! J’ai peur.
C’est au tour du brésilien de faire sa promotion. Alain le regarde bizarrement, on dirait un curé en train d’écouter un pêcheur à confesse, les doigts croisés, un sourire béat « qu’est ce qu’il peut raconter comme conneries ! » En plus quand il raconte à sa voisine la psychiatre qu’il parle moins que les autres parce qu’il aime analyser les gens en les observant, on entre dans le surréalisme. L’hôtesse ne retient que son côté romantique. Il s’est bien vendu, elle est conquise, putain, le sicilien doit aiguiser ses couteaux !
Entrée. Brésaola et son nid de roquette. Elle ne s’est pas cassée, de la charcuterie ! Il manquait les sanguins, merde, ou les tomates séchées, et les olives.
Une nouveauté. Un candidat averti les autres qu’il ne mangerait pas trop, pour une question de régime, d’équilibre alimentaire. Ça jette un froid ! Bon appétit ! De mieux en mieux !
Plat principal. Zarzuela de Mama. « Les invités se sentent comme à casa ! » la voix off est en plein délire. Putain, elle veut faire du genre. Que vient faire Casablanca dans cette phrase ?
Quand on n’arrive pas à sortir des mots avec l’accent, on reste dans son registre.
« Quelle est la différence entre une crevette et une gambas ? » Question piège de Carine.
Amis de la culture bonsoir. Je dirais, d’abord qu’on dit gamba lorsqu’il n’y en a qu’une.
La crevette est un crustacé, la gamba est une grosse crevette des eaux profondes.
Le mot espagnol ‘gambas’ désigne un groupe de crevettes, ‘camaron’ en est un autre. Le terme 'Gambas’ a été repris par le commerce et la gastronomie de l’Europe occidentale du Nord et s’utilise en général pour de grandes crevettes, souvent crues, avec la tête. En Allemagne, les grandes crevettes tropicales, entièrement décortiquées, mais avec encore la queue se vendent aussi sous ce nom. La dénomination ‘Gambas’ dans le commerce de l’Europe occidentale du Nord est donc une dénomination tout à fait fantaisiste et ne réfère par du tout à une espèce de crevette déterminée. A mon avis, la baba cool doit confondre avec la baudroie qui devient de la lotte lorsqu’elle se vend en filets, donc sans la tête ! Son explication est donc fantaisiste. Enfin je note qu’en vacances, elle mange avec les doigts !
Enfin, de toute manière l’hôtesse aurait du prévoir des rince-doigts.
Nouvelle animation, avec des questions cons, suivie par une séance de danse. Heureusement qu’il y a le brésilien pour sauver l’ambiance qui allait vite s’étioler avec Quentin et Alain visiblement dépassés et enthousiastes comme des vaches amenées à l’abattoir.
Putain, j’espère que le sicilien est sorti voir un match de foot avec ses copains, sinon le brésilien en est quitte pour arpenter le bois de Boulogne. En plus elle en rajoute, elle est au septième ciel ! Le Brésil, c’est le Pérou ! c’est son Amérique à elle !
Dessert. Passion de mangue adoucie au miel.
« Je mange très doucement parce que je ne veux pas que ça finisse ! » et Carlos n’en perd pas une sous le regard halluciné et incrédule d’Alain qui se dit qu’il en fait trop, et se demande où il veut en venir! Carine mange tranquillement…. les coudes sur la table…. pour marquer sa différence ! Alain souffre de devoir manger sucré, et la crème est un supplice ! Mais qu’est ce qu’il est venu foutre dans ce genre de jeu ?
Les notes. Carlos, l’enjôleur donne 21. 20 pour Quentin et Carine et 18 pour Alain qui met un 5 en déco un peu sévère.
24 août 2009
DE L’INFAILLIBILITE, EXPLIQUEE EN DECONNANT!
Comme je vous le disais, dieu est infaillible. Mais encore faut-il bien comprendre ce qu’il dit. Son sceau de l’infaillibilité n’est pas un gage de compréhension pour tous ses sujets sots, et même pour les autres d’ailleurs. Alors pour être sûr d’être bien compris, dieu, a sur la terre un représentant suprême, élu par un collège de tous les candidats de ceux qui veulent le devenir.
Alors ils se font tous beaux, bien propres, les robes bien blanches. Tout est en ordre ; les chapeaux et les cannes et toutes les demoiselles d’honneur qui suivent, complètement affolées, des fois qu’il y en ait un qui se crashe en se prenant les pieds dans les tapis sacerdotaux, les sacs à vapeur et les drapeaux volants au vent, et ils s’enferment pour faire la fête entre eux. Ils vont élire celui qui va devenir leur chef. Celui qui va devenir un peu dieu sur terre et qui va pouvoir s’adresser aux cons qui ne comprennent pas tout. Ils font un grand feu, ils brûlent celui qui était là avant, et ils tirent au sort ; ploum, ploum, c’est toi qui se ra le suc ces seur !
Ils s’éclatent comme des bêtes ; vin blanc millésimé et hosties spéciales du mont Ventoux, roulées sur les cuisses des nonnes comme les cigares sur celui des cubaines. Alors quand ils sont tous cuits, ils balancent une fumée blanche qui veut dire ‘on se rend’. Alors y en a un qui crie ‘habemus papam’ ce qui veut dire ‘chat perché’ ! Alors, on fait assoir l’élu sur une chaise percée qu’on appelle le saint siège, et il y en a un qui regarde et qui dit « duos habet et bene pendentes » pour voir si ce n’est pas une copine de jeanne la papesse. L’église, elle dit que c’est des couilles et que c’est une légende, mais il n’y a pas de fumée sans feu ! Alors il devient le chef de tous les curés et il a le droit de se servir de la papa mobile. Il prend un nom de bataille comme un acteur de cinéma. Merde, il faut un nom qui fasse bien dans le livre des papes, que si tu t’appelles par exemple Halliday ou Claude François ça fait pas sérieux, alors on te trouve un beau nom avec plein de chiffres romains après, que ça fait classe, un peu comme les voitures ; Peugeot 408, 306. Le nouveau, il s’appelle benoite XVI. C’est une allemande avec une bonne tenue de route, les jupes un peu courtes mais une bonne mécanique.
Les desseins de dieu sont impénétrables, mais souvent confus, alors les hommes ont besoin d’un traducteur. C’est pour ça que le pape il parle plusieurs langues. Pour éviter d’être emmerdé par des interprètes qui voudraient prendre la place du chef, comme celle du vizir dans l’histoire. Dieu, il a dit qu’il allait transmettre son infaillibilité à tous les successeurs des chefs qui étaient venus à Rome après le copain de son fils qui pêchait avec lui dans le lac de Tibériade, enfin, c’est la traduction d’un prédécesseur de benoite.
Alors un jour pour ne plus être emmerdé par des petites rebellions locales, le pape décida d’un commun accord avec lui-même, après une réunion œcuménique secrète avec son père qui est aux cieux, de devenir lui aussi infaillible. C’est l’infaillibilité papale. On a tué des tyrans pour moins que ça !
A partir de ce jour là, toutes les conneries qu’il allait dire, seraient paroles d’évangile. C’est un peu comme lorsqu’on se porte garant de quelqu’un. On devient responsable. Putain, en haut il est mal barré.
D’un autre côté, il se sentait moins responsable et il pouvait tranquillement aller parier sur les matchs de foot, comme je vous l’ai raconté hier !
23 août 2009
CREATION DE L’ART !
La peinture figurative.
Il faut bien écouter dieu !
Ce sont des paroles d’évangile.
Quand dieu parle il faut l’écouter !
Le créateur est infaillible. Il ne peut pas se tromper. Tout ce qu’il dit et fait est frappé du sceau de l’intelligence, enfin de son sceau, puisqu’il est l’intelligence. Pour les footeux un sceau n’est pas un seau. Sot est celui qui ne fait pas la différence. Bon, ça commence à devenir compliqué.
Je n’ai pas dit que dieu frappait de son seau tous les sots qui ne savaient pas ce que sceau voulait dire, ni qu’il était sot avec son sceau, je dis simplement que même lorsqu’il parle de sot ou de seau, c’est frappé de son sceau. Là, une autre remarque tout aussi pertinente. Lorsque je dis que tout est frappé de son sceau, cela ne veut pas dire qu’il se sert de son sceau pour frapper, par exemple sur son seau, pour appeler les sots. D’autres tapent sur des bambous, il peut bien taper sur son seau, aussi, c’est même également frappé de son sceau puisqu’il est infaillible. Bon, dieu est infaillible, il ne peut pas faire d’erreur. Quand il parle, il faut donc comprendre ce qu’il dit.
Dieu doit aimer le foot et les sots. C’est une grosse distraction pour lui. Les sots qui jouent frappent dans un ballon, ça change. Le samedi soir sur la terre, oui, je peux le dire aussi, juste après la messe, depuis de longues années la messe dominicale est le samedi, comme son nom l’indique. Avant le dimanche, c’était le jour du seigneur, on était tenu d’aller à la messe du matin, sinon, en enfer. Les femmes, seules, allaient dans la maison du seigneur pour communier et les hommes préféraient aller en face, pour boire aussi un petit coup dans le bistrot, vu que le vin y était plus frais et qu’à leur maison c’était l’enfer. L’après midi, c’était le foot, il y avait aussi une buvette pour les hommes parce que les femmes restaient dans leur maison. Parce que le foot et dieu n’aimaient pas les femmes. Mais les footeux ne se signaient pas encore en entrant sur le terrain, ce n’était pas la mode.
Et puis le pape a dit qu’on pouvait remettre à la veille ce qu’on n’arriverait pas à faire le jour du seigneur vu qu’il y avait le pique nique dans les bois. Donc on a joué au foot le samedi soir. Et on est allé à la messe juste avant. Messe et foot, même combat ! Je ne sais pas si tout le monde suit, je continue.
Je vais vous donner un exemple de l’infaillibilité de dieu. Dieu parle aux hommes. Si, si, dieu n’a pas besoin de mettre des oreillettes à ses brebis pour se faire entendre, en plus, un mouton avec un casque, c’est con. Même si on les garde, les moutons. Donc les footeux qui se signent toujours, maintenant c’est à la mode, n’écoutent pas dieu dans leur casque, et ça c’est très mal. Mais ce n’est pas le sujet. Lorsque dieu parle, il faut donc le comprendre et l’écouter. Pendant un match de la coupe du monde de foot, dieu a dit a un joueur argentin : « met la main ! » l’argentin est très pieu, il a toujours cru que c’est dieu qui le faisait gagner en finale, alors, il l’a fait et il a marqué. Mais dieu avait parié sur la victoire de ce pays contre la perfide Albion. Il y avait toujours un petit contentieux entre un de leurs rois et le pape de l’époque qui n’avait pas voulu lui laisser le droit de divorcer. Mais l’arbitre le voit et il va siffler et dieu il lui crie « ta gueule ! » net, clair et précis.
Alors l’arbitre il ne siffle pas et c’est devenu la main de dieu !
Nous, on avait tout vu mais c’était frappé du sceau de dieu. Rien à dire ! D’ailleurs même pas le benoite de l’époque, il en avait parlé. C’était un secret d’état du Vatican. Là, dieu s’était servi de son sceau frappé de l’infaillibilité.
La main de l’argentin était devenue sa tête, aussi forte que ses pieds. Là c’est compliqué ! C’était le miracle de la transformation. C’est pour ça qu’on dit que c’était la main de dieu. Enfin, moi je veux rien dire, mais si la tête de l’argentin, c’est la main de dieu, je ne suis plus d’accord avec ce qui est marqué dans la publicité de son bouquin « dieu créa l’homme à son image ! » ou alors Picasso était un figuratif, comme dieu !
22 août 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A FLEMALLE ! V
Vendredi, Pierre-François, gestionnaire comptable,
Chez lui. Belle maison. Salon où le blanc domine. Salle à manger moderne table en verre. Cuisine compacte, pas très grande, mais fonctionnelle.
Les courses. Chez le boulanger, il a fait faire des miches avec les initiales des hôtes. Et la voix off qui se croit obligé de préciser que ce sont des petits pains, des fois que certains esprits mal tournés aient pu penser à un boulanger lubrique et équivoque, plus porté sur la traite de la chair humaine que sur le pétrissage des religieuses et autres pets de nones.
Déco de table. Nappe blanche. Chemin de table gris, voilage. Feuille de strelitzia teintée en gris, assorti aux chaises, comme set de table. Assiette de présentation triangulaire. Assiette carrée rebords relevés et incurvés, assiette creuse carrée rebords courbés. Attention, il faudra servir sur place, sinon cet empilage n’a aucune utilité. Sur sa feuille de pompes la place des couverts n’est pas marquée, alors, on fait du n’importe quoi ! Boulle de bergrass travaillée, piquée de fleurs d'ornithogales, galets en massepain. Des chandeliers. Merci les indications de good-good ! Malheureusement, assiette à pain à droite,
En cuisine. C’est pas le genre de mec qui a l’habitude de cuisiner, rien qu’à sa façon de décapiter les fraises avec un couteau et de les laver ensuite. Et madame qui ne lui a pas donné de liste pour lui indiquer la place des ustensiles. Allô good-good, c’est lost ! C’est où ?
Putain, ensuite préparation de l’appareil d’une verrine avec du canard. Terrain glissant.
Les invités arrivent. Tous ensembles. Sonia soutien gorge sur sa veste longue, grosse bouée, je veux dire qu’elle tient un énorme flotteur dans une main et un cadeau dans l’autre, j’espère qu’elle n’a pas oublié sa crème… à bronzer ! Monopoly avec une bouée rouge autour du cou, en ces temps qui courent, elle lui va comme un gant, bob sur la tête, bermuda Hawaï, panier. Lara et son matelas pneumatique mais toujours habillée du même haut que les autres soirs, et Paquita avec son requin aqualand.
Réflexions d’une totale intolérance de la part de Paquita y incompréhension et de Sonia y vexation, les deux nones échappées de la pâtisserie de Frédéric y François "C’est trop moderne !"
Pour Paquita devenue presque méchante, elle aussi, c’est stérile et ça manque de chaleur ! La gentillesse et la simplicité des premiers jours se sont changées en jalousie et total délire de persécution. Et l’hôte parle d’amitié et tous les faux-culs présents approuvent en levant leur verre. C’est l’apéro des hypocrites. Putain on est loin de la première semaine en Belgique ! Apéritif. Quatuor de saint Lambert. Quatre verrines sur un plateau parsemé d’éclats de saint Lambert. Granité de concombre, aux écrevisses, gaspacho de poivrons, pas de crème mais sans sourciller, Sonia mange du canard sans le savoir et sans le reconnaitre. La merde, ce soir vient du gaspacho, l’espagnole, pointilleuse redevient technicienne de l’orthodoxie ; il manque ceci, il n’y a pas de ça.
A table, il voulait leur faire plaisir avec le pain, et même Lara trouve que c’est du déjà vu, on dirait qu’il a fait un impair. L’intolérance est maintenant totale. Je me demande si ce que je prenais pour de l’humour noir n’était pas tout simplement de la méchanceté de la part de Paquita y no compassion.
Entrée. Scampi newton. La galanterie veut qu’on serve les dames. Oui, mais en commençant par la plus âgée, ce qui est une forme de muflerie cachée.
« C’est une préparation qui a été faite comme on lui a dit de le faire ! » Lara devient abominable, bien sûr qu’il a du voir cette recette quelque part, mais c’est lui qui la faite.
C’est de la mesquinerie ! Paquita se joint à elle pour pinailler ; il manque quelque chose qu’elle seule sait.
Animation. Cour sur la plongée sous marine. C’est trop pour Sonia, on lui parle encore de bain. Putain, elle va couler. Le banquier critique, il a la mémoire courte, c’est ce qu’il fait tous en jours en expliquant les raisons pour les quelles la banque ne pourra pas vous prêter l’argent pour monter votre affaire, sinon elle n’en aura plus pour payer ses traders qui jouent en bourse ! Heureusement qu’il a gardé un jouet pour la fin, sinon c’était le bide total.
De l’air con et des phrases devenues incompréhensibles que l’abus d’hélium provoque sur les cordes vocales des malades qui jouent avec. Succès !
Plat. viande sauvage et son jeu de couleurs. Bœuf brésilien. Et en plus, Sonia est servie la dernière, ce qui voudrait dire qu’elle est la plus jeune ! Catastrophe, une nouvelle. Mais qu’ont-ils donc tous à la dédaigner ? Putain, sa tête pendant qu’elle mange ses pommes de terre parfumées à l’huile de truffe. Elle va en avoir des choses à raconter à la sandwisherie.
On ne parle pas la bouche pleine ! Mais elle arrive quand même à dire, juste avant de finir son assiette, que c’était froid ! Lara la suit.
Putain le cadreur fait fort, on dirait toujours que Sonia s’emmerde, perdue dans ses pensées, elle doit regretter ses jambons beurre, ses poulet salade et ses boudins pomme, putain, je vais pleurer, elle est malheureuse, bouh, personne ne la comprend.
Dessert. Fraises Seguin. Soupe de fraises, boule de fromage de chèvre, basilic frais. L’assiette à pain est restée sur la table, dommage.
Il aurait du laisser l’assiette de présentation toujours sur la table, faire chauffer les autres assiettes pour les apporter avec leur plat.
Et Sonia apporte sa crème brûlée comme point final.
Les notes. 20 pour Paquita qui reste quand même juste dans sa notation. Elle fait des remarques, perfides, mais reste indulgente. 19 pour le banquier.
Et là, c’est presque inadmissible devant un tel antijeu ! Ma crème se caille, j’ébouillante marie, je coupe tous les cèdres qui restent au Liban pour en faire des cure dents à Sonia qui a bouffé à en perdre haleine ses canards sans les reconnaître et qui a choisit de nous prendre pour des cons en pensant que puisqu’elle nous le disait, nous n’allions pas la croire.
16 pour Lara. Putain un 6 en cuisine, quand même et record battu ; 15 pour miss sourire avec trois cinq exécrables et injustes et injustifiés. La déco était trop sophistiquée ! Putain, quelle excuse ! C’est, de loin, la plus belle prestation d’une candidate. A mon avis, elle devrait faire du théâtre !
Le banquier a gagné, il est passé avant et il a profité des notations très fantaisistes de deux vipères.
