31 juillet 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A SAINT ETIENNE ! IV
Jeudi, Fatima, directrice d’agence.
Chez elle, après avoir assisté à une séance de maquillage, visite de l’appartement. Cuisine aseptisée, ordonnée. Salon très bien rangé à en devenir glacial. Télé minable qui jure sur cet ensemble rigide. Faux arums en accord sa façon de penser : les fleurs, c’est pas son truc. Je remarque que son intérieur est un catalogue Ikea ; armoire, placard, meubles, objets de déco. Un petit salon marocain et sur la terrasse en gazon synthétique, un bouddha assis, entouré de cailloux, regarde désespérément un bac de plantes de chez plastique !
Les courses. Chez papa qui doit avoir un jardin ouvrier, mais mieux placé que celui d’Alexandra.
_Papa bisou !
_Elle est belle ta coriandre !
_Oui mon persil est pas mal.
_Tes navets sont magnifiques.
_Effectivement mes salades sont réussies.
_Et tes melons sont très beaux !
_Des courges ma fille, comme toi.
Elle s’en fout ses chaussures sont assorties à son panier !
Putain, c’est dur la culture !
En cuisine, le puits d’amour. Elle excelle dans la composition de ce dessert. Pourtant il faut faire de la chantilly maison, puisqu’elle a oublié d’acheter une bombe. Elle commence, mais sa sœur arrive avec les fleurs. Une composition allongée, un peu monumentale à base de cypripedium calceolus (orchidée sabot de venus) avalanches et feuilles de galax travaillées en entonnoir, bougies et branchages flockés, sans doute des restes de noël. Elle en profite, sa sœur va aussi la coiffer. Merde, elle range les courses, fait le ménage, les courses, et en plus la coiffe !
Et en plus la chantilly paresseuse, n’est pas montée ! vite une course chez le commerçant le plus proche ; une bombe fera l’affaire !
Cependant, des doutes m’envahissent.
Il y a très peu de choses dans les placards, visiblement, elle ne sait pas où sont rangé les ustensiles de cuisine, elle ne reconnait pas la crème qu’elle doit utiliser pour sa chantilly, les tasses sur le buffet, sont assurément placées en décoration, qu’elle ne mange pas de porc, ni de boit d’alcool et que sur sa terrasse, elle se recueille devant une statue symbolisant en quelque sorte, une apostasie, punie de mort, pour la religion musulmane !
En plus les tableaux sur les murs ne correspondent pas du tout à son sens de l’esthétique qui s’arrête à ce qui ne la touche pas !
Je pense que trop, c’est trop !
Enfin, pour déconner, je découvre que le fromage râpé sent le fromage !
Déco de table. Centre de table bateau, qui prend beaucoup de place, sur une nappe blanche. Assiette de présentation blanche sur un set marron, assiette rectangulaire avec une serviette marron sur la quelle une rose avalanche est allongée. L’assiette à pain est à droite ! pas de couverts à poisson !
Elle se prépare. Nouvelle tenue. C’est Samantha la sorcière, elle se change plus vite que la chantilly monte. La petite bretelle qui apparait furtivement, glissant sur son épaule féline, son coup élancé, sans collier, ses oreilles sans boucle, lui donnent un petit air d’Adjani juvénile.
Putain, ensuite, le vernis craque. Elle épluche en la massacrant, une orange à sa hache, éparpillant les épluchures sur le sol immaculé. Putain, mais c’est tout pour la frime. Torchon, par terre. Ah un balai, elle connait son usage, mais pas celui de la balayette, ni celui de la poubelle. Il n’y a pas de tapis, alors elle ouvre la porte de la fenêtre et pousse tout négligemment sur le balcon. Et d’un geste auguste, elle claque presque cette porte qui la sépare des immondices. Sa sœur doit s’appeler cendrillon !
Elle supprime son centre de table, remplacé par deux bougies !
Les invités vont bientôt arriver. Elle est toujours à chercher quelque chose dans ce qui est devenu, il faut en convenir, un foutoir ! Par contre l’échancrure de son corsage est parfaite !
Plus de place, pas de problème, on met sous la table !
Les invités arrivent. Un petit coup devant le miroir avant d’ouvrir à Hervé qui sonne avec un petit cadeau. Alexandra avec une bouteille, Pascal avec un cadeau. Florence grimée en pussy chat, enfin en matou, quel humour, avec un cadeau emballé dans le même papier rose dont elle nous fait admirer tous les soirs les savants pliages chiffonnés qui lui donnent un air de sortir de chez Emmaüs !
Apéritif. Mini croissant de saumon maison. Pussy cat. (Cocktail de fruits frais, curaçao)
Elle était un peu médisante quand même « est ce que c’est toi qui a préparé la pâte feuilletée ? »
Elle devançait les questions. Hervé s’y emploie « c’est toi qui l’a fait ? »
Elle les a arrangés sur le plateau …..maison ! Bien joué !
A table. Entrée. Crumble de tomate et fromage de chèvre.
Je passe sur sa syncope à la vue de la composition de fleurs qui ne sont pas son truc. Son truc c’est la façade. Putain, quand j’ai vu sa façon de se comporter, une infime partie, je suppose, vue la présence des caméras, ce n’est pas le genre de personne chez qui j’irais manger en temps normal !
J’adore l’attitude très classe de Florence. Le coude gauche sur la table, le poignet appuyé sur sa joue, pour soutenir sa tête enflée, sans doute, triant négligemment les tomates que Fatima la menteuse, avait cueillies ce matin dans le jardin de son père !
Alexandra qui n’aime pas le fromage, mange son plat sans chèvre mais avec du râpé, sans s’en apercevoir ! Putain, la mauvaise foi est de rigueur ! La connerie est de sortie !
« C’était des tomates de son papa, donc, c’était des bonnes tomates et pas des tomates qui poussent sur de la laine de roche et qui n’ont aucun goût ! » putain, Floflosnobinarde est bonne !
La réputation masque la connaissance. C’est comme ses mini croissants maisons.
Plat. Lotte fruitée, riz safrané et courgettes parfumées. (Citron vert et citron jaune.)
Elle fait tout minute, s’enlève les chaussures et tripote ses ingrédients. On voit très bien que les étagères de son placard sont vides. C’est la panique totale ! Je note que la salle de bain est parfaitement en ordre ; sa sœur doit être super ! Les assiettes de l’entrée sont toujours sur la table. Et sous la table de la cuisine la lotte est perdue, oubliée. L’évier est rempli, la table est engorgée, mais son corsage délicatement ouvert, juste assez, est toujours impeccablement sexy !
Les portes des éléments de cuisine ne sont même plus fermées. C’est l’affolement général !
J’entends même un ‘putain’ sortir de ses lèvres délicates !
Hervé l’aide pour le service. Mais tout est froid ! Ce n’était pas des assiettes chaudes comme chez Floflo l’artiste.
Animation. Un nom de vedette tiré au sort. Un paquet avec des accessoires appropriés. Perruque obligée. Maquillage de rigueur. Ils doivent chanter en play-back. Bon, ils rigolent ! C’est long. Enfin, Fatima est une blonde contrariée.
Dessert. Le puits d’amour. Elle excelle à sa préparation comme elle aime à le répéter !
Compote de pommes, cannelle et chantilly ! Putain, pas de quoi se taper le cul par terre ! Et Hervé lèche cul, qui a flashé sur Fatima « la chantilly était très bonne ! » Non ? Quelle marque ?
J’ai l’impression qu’il n’y avait que du vin blanc.
Les notes. 21 pour Pascal. 19 pour Alexandra et Hervé. 17 pour Florence.
L’AMOUR EST DANS LE PRE ! IV
« J’ai de la curiosité pour Christophe ! » avoue Marylin à la caméra. Elle veut jouer au docteur !
Le matin, les ordres sont donnés.
_Toi, Michel, la bergerie, le foin, des petits trucs à faire, curer le box des juments. »
Bref, ne vient pas nous emmerder !
_Moi et Christophe on va discuter.
_T’as trouvé la semaine comment ?
_Génial, on a envie que ça dure. On s’entend bien.
_J’ai envie de continuer à te connaître. Et toi ?
C’est un interrogatoire, debout, elle lui fait face, coupant toute possibilité de fuite.
Hésitation.
_Euh, je ne vois pas pourquoi on ne continuerait pas.
_Ça me fait plaisir, c’est génial.
Sa joie cachée est exubérante. Cependant sa pudeur naturelle teintée d’un sentiment qui semble être de l’indifférence totale, reprend rapidement le dessus. Une bise, une bise, hurlait la voix off en sourdine, inaudible pour les oreilles des téléspectateurs haletants devant un tel suspense. L’attente est insupportable, devant une telle déclaration soudaine et exaltante, il se lève, rapide comme un aï qui vient de s’apercevoir qu’il pleut depuis une heure.
Il fait le tour ….de la table, pour lui faire une bise….sur la joue.
Michel, lui, le savait déjà ! Il les embrasse tous les deux ; sa démonstration de joie est plus pétillante !
_ C’est pas tout, au boulot ! Cricri, modère ta joie !
Autour d’un arbre totem, les garçons immortalisent cette journée. Ils sont tous les trois. Christophe, cœur, Marylin + Michel = amitié.
Putain, et si Cricri partait avec Mimi ? L’amour est dans le pré !
Faites péter le mousseux ! Repas autour de l’évier, les chiens sont dubitatifs ! La zappette à portée de main ! Les produits de vaisselle fricotent avec les boissons. Badinage sur la vie de couple.
Ils partent. Michel est toujours expansif, Cricri, pratique, a déjà sorti les clefs de la voiture. Aucune effusion démonstratrice et excessive. Chez ces gens là, monsieur, on ne s’épanche pas, on est réservé ! Marylin, de dos, a pourtant l’air d’être triste, quelques larmes, peut-être, ses araignées devront patienter ! (humour pour ceux qui lise les commentaires de la Grosse Timide)
Ce n’est pas comme dans les films. La belle s’en va, comme dans ‘body guard’, référence cinéphile, le héros soupire, mais reste sur le quai. Alors, n’écoutant que sa passion, elle stoppe la locomotive et sort en courant de la carlingue de l’hélicoptère pour aller étreindre son amour qui prenait racine sur la banquette de la voiture et se disait qu’elle aurait pu réagir plus vite !
Enfin, dans cette histoire les rôles sont inversés ; le héros c’est elle, et on comprend les réactions de Cricri l’énigmatique.
Enfin, le contrat est respecté. Ils vont se revoir.
_ Tu vas nous manquer !
Les chiens sont interrogatifs !
_On va se revoir !
Je n’ai pas l’impression qu’il se retourne.
Même les chats espéraient mieux !
30 juillet 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A SAINT ETIENNE ! III
Mercredi, Alexandra, gérante de société qui s’occupe aussi d’apprendre le français aux joueurs lusophones de l’ASSE. Le titre de son menu : Os descubrimentos. (Les grandes découvertes.)
Salle à manger cuisine, beaucoup d’objets artisanaux portugais. Collection de coqs de Barcelos.
Vieille légende portugaise. C’est l’histoire d’un mec qui est condamné au gibet. Il est innocent, normal. Mais lui, c’est vrai, c’est une erreur judiciaire. Il ne fume pas et comme dernier vœu, il veut essayer de défendre sa cause. Il demande à être entendu par le juge. Ce dernier est en train de bouffer. Il ne veut pas gâcher son repas et le reçoit en mangeant. Sur la table, il y a un coq braisé. Le mec il implore la vierge de faire un miracle. Merde ? Avec toutes les cathédrales qu’on lui a construites, elle peut se lâcher. Pas le temps de demander au juge s’il souffre de la goutte ou s’il a des hémorroïdes. Il faut aller vite, alors il tente le coup de poker. « Si je suis innocent, que le coq se lève et chante ! » Putain le mec, il devait s’appeler Copperfield ou Houdini, l’histoire ne le dit pas, mais ce fut fait !
« Y-a un truc ! » Aurait dit Garcimore, qui était pourtant espagnol.
Depuis, ce coq est devenu un emblème au Portugal. Il symbolise la foi, la justice et la chance.
Imaginez un peu si le juge avait été athée, s’il n’en avait eu rien à foutre et si c’était le dernier coq de la basse-cour !
Les courses aux jardins ouvriers du jardin du soleil. Pas de voisins gênants, bonne exposition, terre de bonne qualité, engrais tout proche, derrière le cimetière.
Décoration de table. Nappe traditionnelle, verres bleu ‘azulejos’, filet de pêche comme chemin de table, coquillages, bougies. Disposition bizarre des couverts. Vase au long col avec un rameau d’olivier.
Les invités arrivent. Toute de noir vêtue, Fatima se présente dans un ensemble noir et tunique jaune, mesdames et messieurs, bonsoir. Elle gravit les marches en sautillant, les mains vides, normal elle doit tenir son grand sac de la même couleur que sa tenue, boucles d’oreilles noires bague et bracelet et chaussures assortis, cheveux tirés. Florence la suit de très près, rose bonbon déjà sucé, un cadeau enveloppé dans le même papier d’emballage vieux rose, toujours froissé. Peigne de la même couleur, ni sucée ni froissée, qui retient ses cheveux ramenés d’un seul côté.
Alors, même blague à la con, c’est pas chez toi, c’est chez un autre. Pascalcouture, reçu par Fatima qui a bénéficié de quelques cours de portugais accéléré, même tenue de baroudeur soixante-huitard, un cadeau. Et Floflo qui coupe tout l’effet de la miss ex fringue, en annonçant elle-même qu’il y avait une méprise ! Ouh lala, qu’est ce qu’on rigole ! Hervé, avec sa chemise rouge du dimanche, et un cadeau également.
Sur le bar improvisé, apéritif. Porto e vinho verde choriço assado em aguardente
Des œufs de poulpes pour Fatima qui ne mange pas de porc.
Animation. Costumes traditionnels pour tout le monde. Putain, heureusement que notre Fatimajemefriguemaisçanesertàrien aime son œuf de poulpe, sinon, c’était la crise ; une nouvelle tenue qui va cacher la sienne. Merde, devant la télé et elle est obligée de passer des vêtements qu’elle n’a pas choisis. Pascal en pêcheur, filet sur l’épaule, bonnet de nuit noir, magnifiques rubans rouges très virils sur ses chaussures délicates. Dame aux sept jupons pour Fatima. Changée de pied en cap, à son aise ; tout le monde la regarde, chapeau pompon ‘belphégorien’. Elle ne regrette pas cette nouvelle transformation. Florence en tenue colorée, bonbon encore emballé, tablier et chiffon sur l’épaule, un pseudo turban rouge et un chemisier blanc brodé de motifs bleus qui la font ressembler à Robin Williams, monsieur Daniel Hillard se cachant sous les traits de Madame Doubtfire ! Hervé en pyjama rayé, ceinture rouge, costume discret de footballeur brésilien venu en touriste incognito.
Le carnaval de Rio délocalisé, peut commencer. Et on danse, en plus. Folklore portugais !
Les bras levés, ils tapent du pied en tournant autour d’un feu de bois qui n’existe pas.
Ça peut toujours servir !
Entrée. Couve recheada de surpresas a moda de Coimbra acompanhada com seu caldo verde.
Soupe au chou et chou surprise de la région de Coimbra qui fait sensation !
Les portugais ne mangent donc pas que de la morue, malgré les 365 recettes pour l’accommoder.
Je note que personne ne se sert correctement les boissons dans le bon verre, normal, vu qu’hier, par exemple, personne n’avait remarqué la disposition fantaisiste des couverts.
Plat principal. Cataplana do marc om seus legumes em molho de cuentros. Une sorte de bouillabaisse portugaise dans un cataplana (plat de la région de l’algarve). On trouve cette sorte de récipient, qu’il faut agiter pendant la cuisson, dans beaucoup de cuisines, sud américaines ou africaines.
Et Florence qui fait que comme Fatima. Elle aussi a trouvé des arêtes, arrêtes, ne me touche pas !
Dessert. Os doces de Magalhaes. Douceurs de Magellan. Assortiments de desserts, figue, liqueur d’amande, gâteau de marie (sainte), bougie et cuillère dans une sous tasse ( ?).
Je remarque la façon très délicate de porter la cuillère à sa bouche, d’un geste vif et rapide, comme si quelqu’un voulait lui chiper son contenu au passage, d’un Hervé plutôt convive que chipoteur. Pain sur la table.
Ils aiment, même que Fatima veut son doggy bag.
Les notes. 22 pour Fatima. 21 pour Pascal. 20 pour Hervé qui a adoré sa décoration et qui donne un 6.
15 pour Florence, avec trois fois cinq. C’est vraiment de la mauvaise volonté.
Une chipoteuse et une emmerdeuse de première dotée d’un surplus de mauvaise volonté. Rien n’a du trouver grâce à ses yeux et à son palais d’artiste trop saturés par les flatteries de sa cuillère d’argent coincée dans ses goûts snobinards. C’était une cuisine et une ambiance beaucoup trop populaires pour faire sortir cette personne de son petit monde intello où la populace n’a pas droit de cité !
L’AMOUR EST DANS LE PRE ! III
Norbert, et sa Guilaine. Elle est déjà la maîtresse de maison. C’est le dernier jour.
_Salut, chérie, bisous ! T’as fait à manger ? Pour moi, tu es la femme parfaite !
Des tulipes sur la table, la croix en dessus. Il demande des précisions sur leur futur.
_J’avais demandé une femme qui sache cuire !
_Putain, même que s’il y a plus, c’est mieux.
_C’est bon ce que tu as fait.
_J’aimerais entamer une relation sérieuse avec toi.
_C’est vraiment bon, cuit à point.
_Je te ferais bien un petit câlin.
_Si tu es partante, je te propose de revenir avec ton fils.
_Et comme dessert ?
_J’en ai envie.
_Tu bois quelque chose ?
_J’aime bien les câlins, tu le sais.
_Je t’en sers encore ?
_Bien sûr, il y a des jours, je n’aurais pas trop le temps !
_Un peu de sucre ?
_Mais pour un câlin, j’ai toujours le temps.
Le tout sur un ton badin, l’intonation est presque monotone, pas de mots plus appuyés, à part cet accent reconnaissable. Chacun poursuit son trip.
En soirée, au bowling. Initiation.
_ Plus elle est grosse, au mieux c’est !
En parlant de la boule ; on ne peut plus explicite. Norbert se déchaîne. Strike, bisou appuyé, je lance, je rate, bisous, il a la tête ailleurs ! Il doit penser à cette dernière soirée. Dernière nuit ensemble ?
Référence cinéphile :
Voix off « Bonsoir, je vais la niquer ! »
29 juillet 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A SAINT ETIENNE ! II
Hervé, paysagiste, fan de l’ASSE.
« Bonjour, je tourne pour l’émission M6 ! » à cet inconnu qui ne veut même pas ouvrir sa vitre !
« Un dîner presque parfait ! » à ce même mec qui a l’air de s’en foutre complètement !
« J’ai été sélectionné, qu’est ce que tu veux ! » à défaut de l’avoir été au foot qu’il vénère !
Chez lui, belle maison, pas encore finie, la clôture n’est pas terminée et les abords sont dans un flou artistique.
Il reçoit en marcel. La classe ! Directement à la cuisine. Très grande pièce ouverte sur le salon. Le ventre, en avant, du propriétaire, celui rentré du sportif est pour plus tard, il est fier de sa pièce. Un peu froide cependant, mais c’est neuf ! Quelques éléments de décoration posés à la va vite.
A l’étage. Chambre posters footballistiques sur les murs, c’est celle de son fils.
Mini terrain de foot jardin avec des buts plus petits pour l’entrainement.
Il nous montre une Suzanne aux yeux noirs qui est en fait un thunbergia alata. Je n’avais jamais entendu parler de ce surnom, j’avoue être un puriste. Je préfère de loin le thunbergia grandiflora de couleur bleue qui est une magnifique plante grimpante très florifère. Elle existe aussi en blanc (alba) mais elle craint le gel, malheureusement !
Les courses….à la boutique des verts ! Pub quand tu nous tiens ! Il y a même du vin !
Déco de table. Nappe grise froissée. L’inscription ‘un dîner presque parfait’ brodée sur un chemin de table. vaisselle carrée. Couverts à l’envers (couteaux et fourchettes inversés), bougies !
Table de l’apéritif agrémentée d’une composition de végétaux secs piqués dans une plaque de polystyrène dissimulée par de la mousse. Ecorces, pignes et champignons.
Une pause bibine. Il est très beau avec son marcel blanc. Va-t-il éructer après la pause ?
Putain, c’est un snob, il prend un verre !
Merde, avec son tablier noir qui souligne son embonpoint non prolétarien, il est très sexy !
Tout est prêt. Douché, changé, il attend ses invités. Charmante tenue ; bermuda Hawaï et chemise Cogolin plage, une autre bibine sur la chaise face à son terrain de foot. Table de jardin, en friche, nappe bleue, barbecue bâché ; elle est pas belle la vie du glandeur, sifflotant, décontracté du gland ? (référence cinéphile !)
Les invités arrivent. Alexandra avec une bouteille. Elle en hiver, lui en été. Explication ?
Pascal, veste treillis baroudeur, avec une bouteille. Florence, cadeau papier froissé, écharpe. Fatima, nouvelle tenue rouge et noir, venue avec elle-même !
Ballons et maillots, il revient, tout fier. Tout le monde dehors avec l’accoutrement des marionnettes footeuses. La tête de Fatima qui doit se déguiser avec ces frusques bizarres qu’elle doit passer sur ses fringues snobinardes ! Hier elle avait une tenue classe, qu’elle n’avait pas osé montrer tellement la soirée était quelconque, et ce soir, elle doit cacher son chemisier seyant rouge Manchester sous d’affreuses loques XXL, vert deuxième division !
Tirs au but. Plus passoire qu’inviolable. Merci les poteaux ! C’est la mi-temps ! Un pt’i coup !
Autour de la nappe bleue, des verres, Perrier et vin du Forez et les brochettes de fromage ! (Alexandra n’aime pas le fromage et son odeur, c’est une portugaise qui préfère l’odeur du poisson, sans doute !)
Retour sur le terrain avec la guest star : J.Janot ! C’est le gardien du club local ! Pour les non- sportifs, c’est un mec qui a de grosses moufles et qui essaye d’empêcher le ballon, poussé par les tirs maladroits des joueurs adverses, de pénétrer, par inadvertance ou par hasard, dans une zone qu’on nomme les buts ! Cette idole locale, complètement retournée dans l’anonymat le plus total depuis cette émission, va jouer le goal de luxe comme animation d’Hervé !
A table ! Je note que personne ne remarque la place des couverts ! Même Fatima, qui prend la fourchette machinalement avec sa main droite, puis intervertit les couverts tout aussi machinalement !
Il n’a rien préparé, il va tout faire en live. Et hop, j’ouvre la barquette de filets de truites congelées, et hop, je les pose dans la poêle et hop, je les coupe au couteau dans la poêle, et hop, je dispose les filets à l’envers et hop, je verse la sauce sur la peau, et hop, je pose une verrine bancale de fraise, avocats, concombres et vinaigre balsamique, sur le rebord de l’assiette, et hop, je la porte sur la table ! Et merde, pas de couverts à poisson !
Entrée. Truite grillée et pause fraîcheur. Pascal se pose des questions sur sa présentation.
Fatima espère qu’il n’y aura pas d’arêtes et Florence souhaite ne pas voir, ni la tête ni les yeux, alouette, alouette !
Enfin, je veux bien discuter sur l’appellation : ‘truite grillée’ à la poêle ! Plutôt meunière !
On dirait qu’il a mis son vin en carafe. Il a laissé la bouteille sur la table pour la pub, sans doute !
Plat principal. Magret de canard coloré. Victoria l’espérait pas trop cuit, c’est raté pour elle. Garnitures ; une râpée, plat typique stéphanois, du radis rose.
J’adore la tenue des invités. Saisons à météo variable. Pluvieux pour victoria avec son imper, plein été pour Hervé avec ses sandales, hiver pour Flo et son écharpe, mi-saison pour Fatima de retour de Lourdes (inévitable, mais dur à placer !) automnal pour Pascalcouture, avec sa veste de chasseur. J’ai aussi beaucoup aimé le torchon sur le dossier de la chaise d’Hervé !
Dessert. Madeleine sortie du nid. « Tagliatelles de mangues » c’est mon invention, l’hôte tout fier ! « Je l’ai déjà vu dans un livre ! » « Ça a l’air plombant ! » dixit Florence ! Parce que ses fondants devenus purée ne l’étaient pas ? Plombant est plutôt mal approprié ! Serait-elle un peu jalouse, même médisante ? « C’était présenté à la va-vite, c’est un homme, quoi ! »
Les notes. 22 pour Pascal. 20 pour Fatima. 17 pour Alexandra et 14 pour Florence, très critique avec 4 en cuisine qui n’est pas justifié, comme celui d’Alexandra, d’ailleurs !
L’AMOUR EST DANS LE PRE ! II
Jean-Paul avec Cécile. Séverine a baissé pavillon. Elle a rendu les armes et reste en retrait.
Au boulot, elle n’est pas très rassurée devant une vache, mais elle s’adapte.
Séverine a retrouvé de l’importance dans son nouveau rôle ; l’ange gardien, entremetteuse de circonstance. La bonne copine, la meilleure amie qui va servir d’intermédiaire pour aller dire au garçon qu’il faudrait qu’il se bouge. Il peut montrer ses sentiments vu que l’autre est consentante, elle n’attend que ça. Elles sont fortes, les filles, ce sont elles qui choisissent, et s’arrangent pour faire croire au timide, que c’est lui qui fait les premiers pas !
Elle devient donc l’amie des deux futurs tourtereaux en puissance. Elle pourra dire que c’est grâce à elle. Cécile avoue même qu’elle est prête pour plus. Confidente, elle est plus que copine, plus que les copains qui partagent le pain.
Avant dernier soir, enlacés, ils s’embrassent. Elle l’attend chez elle, c’est décidé, c’est fort. C’est réciproque.
Dernier jour. En voiture au resto. Séverine est derrière, la hiérarchie est respectée. Je note une pub éhontée pour toblerone !
L’évincée est contente, que pouvait-elle faire d’autre ? Elle a fait de jolies rencontres ; À mauvaise fortune bon cœur !
Cécile va rester un jour de plus. Elle n’est pas encore experte dans l’art de traire ! L’apprentissage est difficile. Ils avouent leur plaisir d’être ensemble. Je les crois sincères.
Une porte se referme ; la même chambre !
Le lendemain, seule Séverine part. Sur le quai, elle étreint sa copine comme elle aurait espéré étreindre JP quelques jours plus tôt.
C’est fini !
Ça commence !
28 juillet 2009
UN DINER PRESQUE PARFAIT A SAINT ETIENNE ! I
Lundi, Florence journaliste. Un menu V.I.P. Only.
Je pense que l’apéritif ‘Proust super star’, les met dans l’embarras. Ils ne savent pas qu’il ne joue plus à ASSE. Surtout Alexandra qui pense que c’est soit un guitariste soit un musicien.
Pendant les vacances on fait de la rediffusion. Je ne devais pas encore commenter les épisodes de cette série, ou alors un seul résumé.
Ça commence avec la voix off et sa prononciation du stade : Géoffroy Guichard (comme géographie)
Chez elle, grand salon spectaculaire comme elle dit. En fait, grande pièce colorée, sans style défini, des trucs kitchs, des tons criants, des objets pompiers, des tentures noires pour faire in, des confections qu’on appelle de l’art et qui ne sont que des machins à poussière pour d’autres. Son tableau peint live sur un mur qui la fait s’extasier de plaisir. Elle me les casse un peu de remplir toutes ses phrases de mots anglais pour faire snob. Des chats, des chiens et des enfants qui ne veulent pas sortir.
Les courses traditionnelles chez un petit commerçant inconnu du centre de Saint Etienne, même qu’il y a très peu de gens qui le connaisse, il aime la discrétion. Vous en connaissez beaucoup des commerçants qui préfèrent rester dans l’anonymat de la qualité pour faire dire à leurs rares clients des conneries de ce genre. En plus, ce commerçant qui a choisi de rester dans la discrétion commerciale, vend des produits que l’on ne trouve pas ailleurs. Tu m’étonnes ! Chez lui, ils ne sont jamais frais ! Je déconne encore, mais il faudrait aussi trouver un producteur qui ait choisi de ne pas gagner d’argent, juste quelques produits pour se faire plaisir. Des produits que l’on ne trouve que chez un seul vendeur, c’est beau comme dans la bouche de certains naïfs un peu snobs qui n’ont trouvé que ce genre de bobard pour épater les gogos crédules. Le caviar des esturgeons de la Mourachone ; vous connaissez ? Les langoustes de San Pietro de las casas de manuel de Santa Lucia de Corleones ; vous en avez entendu parler ? Eh bien, comme personne n’en achetait, les fabricants ont fermé boutique !
La déco de table. Pas de nappe, on voit le bois, ça fait chic. Set de table de chez IKEA, directement des usines de Tokyo, c’est plus classe. Assiettes de présentation de couleurs différentes. Pas d’assiette à pain.
Paillettes et bougies de chez bazar-land : pour agrémenter votre repas au camping de la plage, saupoudrez votre table pliante de paillettes dorées et quelques bougies anti-moustiques. Votre diner deviendra un repas de stars ! Des verres avec une rose et des graminées.
Tapis rouge, pas très net, à l’extérieur avec des bougies. Cheminée allumée et une autre à l’éthanol, décorative.
Lunettes noires, chienchien au bras, elle attend ses invités.
Fatima Belphégor, très classe, arrive la première, les mains vides. Bracelet et lunettes pour faire taylor is rich ! Hervé, mains dans les poches, tenue relax de chez Jet, VIP cool. Pascal, cadeau et Alexandra avec une bouteille, boa et chapeau argenté.
Apéritif. Madeleines salées et des boissons que tu n’as jamais vues et que si t’en bois, tu n’en voudras plus. Merde, même pas de champ. Les VIP, ce n’est plus ce que c’était !
C’est Garden party à la cambrousse, c’est la fête endiablée dans un club du septième âge !
Animation ; qui se cache derrière les descriptions complaisante des invités dont personne ne connait la vie ni les qualités. Putain, c’est mauvais.
Entrée. Avec la cuillère d’argent, c’est du caviar bien sûr ! Un grand mot, de belles espérances pour de la soupe apportée à la main, sans plateau, ni sous-assiette, sans classe, ni tsoin-tsoin pour faire haute society chicos. On est au resto U.
Plat principal. Filet de veau aux palourdes et à la coriandre. Toujours sans plateau et dans une assiette creuse en plus, comble de la ‘beaufitude’ pour faire plaisir à la Grosse Timide. Je préfère quand même ‘bofitude’ mélange à la fois de ce qui est plouc et de ce qui est ‘je m’en foutisme’ !)
On entend les bougies crépiter ; c’est la fête, on s’éclate !
Et l’hôtesse qui a même remarqué des silences ! Quelle perspicacité, quelle clairvoyance !
Dessert. Granité de framboises et un fondant devenu verrine au chocolat, après avoir brûlé.
J’ai regretté l’absence de vin rouge et la bouteille d’eau en plastique qui ne fait pas trop bling-bling !
Les notes. 20 pour Alexandra. 19 pour Pascal. 17 pour Hervé et 16 pour Fatima avec 4 en animation.
L’AMOUR EST DANS LE PRE ! I
Denis, et sa Mélanie esthéticienne. Maquillée, toujours, même pour aller vaquer à l’étable, elle fait un peu mieux connaissance avec les vaches, eh oui, il y en a là aussi !
« Elles ne vont rien nous dire ? » Et une gamelle dans la bouse. Ça vaut un masque de beauté.
Putain, il va avoir une nouvelle bête à s’occuper. Cours accéléré sur la vie sexuelle des taureaux.
« Elle est un peu comme une fleur, je voudrais continuer l’histoire, je comprendrais qu’elle voudrait réfléchir ! » attendrissant dans sa naïveté !
Pour lui faire plaisir il, va faire la cuisine. Oh, oh, il a dit oh, oh ; quel outrage !
« Il va dire femme, ici ! Bientôt ! » Elle se découvre, une peu susceptible. Lui très gentil, presque couillon, se remet en question. « C’est vrai que je ne suis pas délicat. »
« C’est blessant, si je te dérange, il fallait me mettre dans le train, avant ! »
Maintenant qu’elle est seule, c’est elle qui se la joue Valérie. Un caca nerveux. Elle boude ! Elle est seule, elle pose ses jalons. Pour quelques maladresses vénielles, elle interprète la scène quatre de la vierge effarouchée. Un gros caprice. Ou elle a réfléchi, ou on lui a demandé de revoir sa copie, alors elle revient
« Veux-tu venir chez moi, voir mon monde, je voudrais te connaitre. » est-elle sincère ?
Chacun est à un bout de la pièce. Il accepte. Elle a besoin de temps. Il lui demande des précisons sur ses sentiments. Elle reste évasive. Il lui dit même qu’il l’aime. Il se rapproche, elle ne bouge pas. Il sourit, il est touchant. Il voudrait l’embrasser. Elle ne dit rien, aucun encouragement. Il n’attend qu’un signe qui ne viendra pas. Elle reste assise et sourit. Est-ce du mépris ?
Il veut lui en montrer plus sur sa vie. Son sport : la gym. Le plouc des champs et la snobinarde de la ville. Je vais encore m’emmerder, pense t-elle . La gym, ce n’est pas son truc, et elle le lui fait savoir. En termes clairs et nets. C’est pour les filles, c’est pas un sport de mec ! Il tente les barres fixes. Dubitative, elle se gausse ouvertement. C’est ridicule !
Elle avait trouvé ce ‘oh, oh’ blessant, que dire sur ses remarques désobligeantes. Elle se fout de sa gueule devant les caméras, elle en devient méchante. La chasse, le foot, la bière, roter, c’est sûrement ce qu’elle attend de la virilité masculine ; des activités d’homme !
Sait-elle qu’on voit son crâne dégarni, sait-elle qu’elle en devient laide, sait-elle qu’avec ses cheveux tirés on dirait une vieille ?
« T’es passionné pour ce sport ? » Ironiquement.
Elle aime ce qui est macho, elle voudrait qu’il commande. N’écoutant que sa belle, il devient un chef et il prend en charge la séance. Le toutou devient bouledogue, mais c’est un contre-emploi.
Mais elle le compare à un coq ! Railleusement.
C’est le jour du départ. Elle est à son aise ; maquillée, fringuée. Des collants, merde, les ploucs ne connaissent même pas le nom de ses différentes parures vestimentaires.
Denis, laisse-la partir !
Il tente de l’humour, mais elle reste terre à terre. Elle se croit délicate, elle n’est qu’au ras des pâquerettes, petite. Il est gentil, nature, elle est peste et sophistiquée.
Devant le bus, elle se laisse embrasser sur les joues, en évitant la possibilité d’une étreinte plus prononcée. Il est triste, malheureux. Elle, sourire figée, est énigmatique, elle doit penser que c’est bientôt fini ; ouf, enfin !
Elle part en bus, son balai est en panne. Il la regarde, gentil et aveugle. Comme l’amour !
27 juillet 2009
AMBIGUITE !
Vélo, pédale, dopage, ambiguïté !
Je regardais machinalement la télé, samedi, pendant l’ascension du mont Ventoux.
La chaleur était intenable, que faire, l’effort devait être insupportable dans ces conditions, je ne savais plus que choisir, une banane ou une boisson glacée ? Et eux, sur leur bécane, ils me narguaient en pédalant. Je tirais la langue, en plus il y a des moustiques, merde, jamais comme cette année, on ne peut plus être tranquille.
En plus il faut que je me lève pour aller chercher des glaçons. Il y a des porteurs d’eau qui vont alimenter toute l’équipe de bidons d’eau froide. Bon, il faut y aller. Putain, mais il n’y a personne qui va attaquer ! Et l’autre, cet Andy Schleck qui dit qu’il veut devenir une légende, merde, il arrête un peu de se retourner. Feignant ! Putain, il fait lourd, je ne vais pas prendre de banane, il faut mâcher !
Et ces malades qui courent à côté des bicyclettes, au risque de les faire tomber de leur piédestal. Ils agitent des banderoles, des lambeaux de drapeaux, ils hurlent et tapent dans le dos de ces pauvres galériens qui rament sur ces pentes, écrasés par l’effort. Ils les aspergent d’eau et les exhortent en s’excitant et en espérant se voir, le soir à la télé ; des abrutis médiatiques !
Et ces appareils brandis pour immortaliser des images d’athlètes grimaçants qui finiront dans les poubelles des PC ou dans celles moins poétiques des tris sélectifs, lorsqu’on aura oublié le nom de ces forçats qui, l’espace d’un après midi de juillet, auront fait vibrer des foules excitées, promptes à se saisir des publicités répandues avant leur passage pour exacerber leur attente forcée.
Et ces journalistes qui n’arrêtent pas de me gonfler avec cet américain qui veut se refaire une popularité. Merde, c’est que les spectateurs l’applaudissent. Merde, le français est bizarre, maintenant qu’il est fini, il est acclamé ! Et les commentaires deviennent dithyrambiques alors que personne n’attaque. Merde je m’emmerde. Je crois que je vais oser une banane, s’il ne faisait pas si chaud. Allez, merde, pédalez, putain, le Lance, il va continuer jusqu’à cent douze ans avec ce train là !
Enfin, sur la route il y a une stèle élevée au premier coureur mort parce qu’il s’était dopé. Curieux, quand même, c’est un peu comme au foot. On avait appelé la main de dieu, cette tricherie éhontée.
C’est peut-être aussi pour cela que les sportifs se signent ; comme pour demander à leur dieu de les pardonner pour ce qu’ils font!
Le sport adore les ambiguïtés !
L’AMOUR EST DANS LE PRE ! V
Le lundi 13 juillet 09
Christian, agriculteur dans le Tarn.
C’est le dizygote spirituel, enfin, spirituel est peut-être mal employé, je dirais plutôt dizygote ‘paysanasse’ de Marylin. On se demande comment il a pu vivre avec une femme. Enfin il y a des preuves, il a eu une fille.
Ils vont faire les courses ensemble, car Agnès veut lui préparer un bon repas pour justement rencontrer cette enfant d’un amour lointain et sûrement éphémère.
Il s’est fait tout beau, il a mis des lunettes propres.
Rencontre improbable d’un ermite et d’une tigresse. A-t-il déjà mis les pieds dans une grande surface ? Des mots simples comme haricots verts semblent lui être étrangers.
Il n’y a rien à dire sur ce couple bizarre, d’ailleurs à part des banalités, ils ne se parlent pas, alors la caméra traîne dans les rayons du centre commercial. Il faut bien leur consacrer du temps, même s’il n’y a rien à voir et qu’ils ne disent rien.
Devant la caméra, seul, après avoir beaucoup réfléchi, sa décision est prise, irrévocable ; c’est fini. Il lui trouve même des qualités ; cela ne mange pas de pain. Elle est géniale, elle aime rire, tiens, il connait ce mot. Cependant elle le dérange dans ses habitudes égoïstes de mec solitaire, elle parle trop vite, trop fort et surtout, lorsqu’elle hausse le ton, elle lui rappelle son ex, la référence ! Putain, c’est rédhibitoire.
Elle croit toujours qu’il est réservé et elle pense qu’elle peut amadouer cet ermite bougon.
Ils sont à des kilomètres l’un de l’autre. C’est la limace et le taureau, le moustique et le hanneton.
Elle est en train de troubler sa vie bien rangée, il ne pourra plus faire sécher ses chaussettes dans le frigo, ni pisser dans le lavabo, il sera obligé de prendre une douche tous les jours et ne pourra plus se laver tout habillé une fois toutes les quinzaines pour faire sa lessive. Il ne pourra plus s’exciter en aidant ses cochons à faire pan-pan cucu, ni regarder ensuite un porno sur sa vidéo !
Pendant qu’elle fait le ménage il veut lui parler. Elle est presque sûre qu’il va se déclarer. Je me demande pourtant si elle attend quelque chose de ce rustre. Peut-être finir tranquillement une vie à la campagne. Putain, mais il faudra se le faire.
« Tu es une femme géniale, tu as beaucoup de qualités ! » Ça commence mal !
Lorsque la raison prévaut sur les sentiments, cela veut dire que ces derniers sont faibles, voire inexistants !
« Nous sommes deux tempéraments forts, mais tu es comme mon ex ! » Il l’a dit !
Putain de diplomate !
« On va rester des amis ! » Honneur suprême ! Je ne veux pas aller plus loin, mais je t’accorde mon amitié.
Elle le reprend un peu sur cette comparaison outrancière et mal venue.
Ils se connaissent que depuis quelques jours et il l’a déjà cataloguée.
Alors, assis sur sa petite chaise : « Ne me fais pas la morale ! » Merde, c’est qu’elle lui répond et discute ses avis !
« Alors casse-toi de suite ! » C’est qu’il est méchant ce petit être rabougri, il est redevenu ce qu’il n’a pas cessé d’être : un aigri !
Elle n’est déjà plus son amie !
