15 mai 2008
LA GLOIRE, L’AGE, LE TEMPS, ET LA DECAGLOIRE!
Il y a ceux qui sont en manque de popularité. Depuis que les médias s’en sont désintéressés, ils souffrent. Cette maudite addiction, cette terrible accoutumance en a fait des drogués de la célébrité, du public, des ovations.
Alors, lorsque l’âge arrive, lorsque des plus jeunes, lorsque ce temps égoïste aussi, les remisent au fond de quelques placards obscurs, ils ne supportent plus d’être ainsi délaissés et sont prêts à toutes les extrémités.
Certains deviennent racistes, d’autres vendent leur voiture et se mettent à déblatérer, à vitupérer tout ce qui bouge. Il en est même qui ramènent tout à eux, se voulant toujours le centre de ce monde qui les rejette peu à peu.
Dès qu’une célébrité disparait, ils apparaissent gémissants. Hier encore elle leur parlait, se confiait, leur expliquait les raisons du brusque retournement des passions assassines qui brûlent aujourd’hui ce qu’hier elles adoraient. Et de façon pompeusement didactique, ils comprennent, ils lénifient, ils jugent.
Ils oublient seulement que eux aussi, ils ont pris la place des plus jeunes qui les précédaient et qu’ils les ont poussé sans modération, vers cette porte qui leur donne maintenant, tant de préoccupations.
Ils sont toujours sémillants, ils ne vieillissent pas, ils sont toujours les mêmes, tout aussi séduisants, l’âge n’a pas de prise sur eux. Comme en termes galants ces choses là sont assénées.
Comme pour les ménager, pour les retenir encore, pour les empêcher de nous quitter dans nos souvenirs embués.
Leur miroir, pourtant ne devrait pas les tromper, leur souvenir collaborateur ne reconnait plus cette image gardée enfouie au fond de leur célébrité, ils ont de la peine à imaginer que ces photos jaunies, que ces films oubliés, sont les restes ternis de leur gloire passée.
Je l’écoutais encore parler de lui à la troisième personne, faisant référence à Pascal qui s’en était allé, saturé de son ‘il’, plein les oreilles, j’avais envie de lui crier de retourner remettre son borsalino et d’arrêter de nous emmerder. Tout sur tout, il pourrait même nous apprendre, il a côtoyé les plus grands mais, sait-il seulement, qu’un jour, il va les rejoindre ?
Vieillir est notre lot à tous, maladie orpheline que nous avons attrapée en naissant, pandémie impertinente, inévitablement transmissible depuis la nuit des temps. Nous ne pouvons nous y soustraire, petits ou grands, célèbres ou inconnus. Ce placard là, sera insondable, sans fond, sans espoir de retour, sans come-back possible.
Une seule prise, pas de photographe, pas de public pour la postérité, une affaire intime entre nous et l’éternité.
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